EN BREF
Une étude d’Imperial College London, présentée le 4 novembre, a testé 30 casques de vélo vendus au Royaume-Uni, dont les six modèles pliables disponibles. En moyenne, les casques pliables protègent moins des blessures graves à la tête : le risque linéaire prédit atteint 24 %, contre 20 % pour les casques classiques. Cinq des six pliables finissent dans la moitié basse du classement. Mais le pliable équipé de Mips se classe 2e sur 30, quand sa version sans Mips est 26e. Le communiqué précise que tous les casques testés respectent les normes minimales.
Financée par la Road Safety Trust, l’étude se présente comme la première à comparer la protection des casques pliables en mousse à celle des casques classiques. Elle a été menée à la Dyson School of Design Engineering d’Imperial College.
Des essais plus exigeants que la norme
Les tests réglementaires britanniques (BSI) et européens (CEN) reposent sur une chute verticale, qui mesure surtout les chocs directs sans tenir compte des impacts obliques ni de la rotation de la tête. L’équipe d’Imperial a testé les casques sur quatre points d’impact, en mesurant le mouvement linéaire et le mouvement de rotation de la tête. Le communiqué indique que chaque impact a été répété trois fois, avec un casque neuf à chaque essai.
Casques pliables : ce que montre l’étude
L’écart porte sur les chocs linéaires. Pour les lésions cérébrales causées par la rotation de la tête, le communiqué indique que l’étude ne trouve « aucune différence » de protection. Les technologies anti-rotation réduisent les deux risques, linéaire et rotationnel, mais un seul des six pliables en est équipé, contre 12 des 24 casques classiques.
Le poids joue aussi. Les casques pliables pèsent en moyenne 461 g, contre 294 g pour les classiques, soit 57 % de plus. Or le risque linéaire augmente en moyenne de 0,2 % par tranche de 10 g ajoutés. Ils coûtent aussi plus cher : les pliables achetés pour l’étude valaient 101 £ en moyenne, contre 64 £ pour les classiques. Le communiqué indique toutefois que, pour les chercheurs, cet écart ne tient pas à la conception pliable : des modèles plus légers, dotés d’une protection anti-rotation, amélioreraient nettement la protection contre les blessures à la tête.
L’auteur principal de l’étude défend pourtant l’idée :
« Les casques pliables sont une excellente solution pour surmonter l’inconvénient, l’une des raisons les plus souvent citées par les citadins qui ne le portent pas quand ils veulent faire du vélo. »
William Dawber, Dyson School of Design Engineering, Imperial College London
« Tout casque est plus sûr que pas de casque, et les conceptions innovantes qui séduisent davantage de monde sont à saluer », ajoute Mazdak Ghajari, professeur de biomécanique du cerveau et l’un des fondateurs du HEAD Lab d’Imperial.
Newlane conteste la présentation
Le casque Newlane Foldable MIPS figure au classement HIPER du laboratoire. Pour Dominic Cotton, cofondateur de Newlane, la conclusion mise en avant donne une mauvaise image d’ensemble des résultats :
« Affirmer que les casques pliables protègent moins est trompeur, parce que tout dépend du casque pliable dont on parle. C’est une question de conception et de technologie. »
Dominic Cotton, cofondateur de Newlane
« Cinq des six casques pliables sont arrivés vers le bas du classement, mais l’un d’eux est arrivé deuxième », rappelle-t-il. Il relève que neuf des dix casques les mieux classés étaient équipés de Mips : « Je ne pense pas que la question soit de savoir s’il est pliable ou non. C’est de savoir s’il protège de la rotation. »
Le casque pliable Mips de Newlane se replie à 81 mm, environ la moitié de la hauteur d’un casque classique, et répond à la norme EN 1078.
Vers le classement HIPER
Les résultats alimenteront le système HIPER (Helmet Impact Protection Effectiveness Rating) du HEAD Lab, créé avec le financement de la Road Safety Trust, qui attribue des médailles diamant, platine, or, argent et bronze. Une précédente étude du laboratoire, publiée en 2024 dans Annals of Biomedical Engineering, avait conclu que le prix d’un casque n’était pas un indicateur fiable de sa protection.
Le communiqué précise que tous les casques de l’étude respectent les normes de sécurité minimales. Le communiqué précise aussi que porter un casque, quel qu’il soit, protège mieux que de ne pas en porter.

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