EN BREF
Des chercheurs de Queen Mary University of London et du Homerton University Hospital ont passé en revue trois ans de passages aux urgences d’un hôpital du nord-est de Londres. Sur 5 529 venues liées au vélo, 564 concernaient un vélo électrique. Comparés aux cyclistes sur vélo musculaire, ces derniers présentaient un risque de blessure à la tête ou au cou supérieur de 41 %, et de 33 % pour les membres inférieurs ; le risque aux membres supérieurs, lui, était inférieur de 36 %. Les auteurs pointent l’alcool et un moindre port du casque. Adam Tranter, ancien commissaire à la marche et au vélo des West Midlands, prévient toutefois que les hôpitaux rangent sous l’étiquette « e-bike » des engins illégalement débridés.
L’étude s’intitule « Trauma Visits Relating to E-Bikes and Non-E-Bikes at a London University Hospital Emergency Department Between 2022 and 2025: A Retrospective Cohort Study » et paraît dans le Journal of Emergency Medicine. Elle porte sur les passages aux urgences liés au vélo entre septembre 2022 et août 2025, et compare les blessures des cyclistes en VAE à celles des cyclistes sur vélo musculaire.
Ce que mesure l’étude sur les blessures en VAE
« Menée par des chercheurs de Queen Mary University of London et du Homerton University Hospital, l’étude a examiné les passages liés au vélo au service des urgences d’un hôpital du nord-est de Londres entre septembre 2022 et août 2025 », rapporte road.cc. Sur les 5 529 venues recensées, 564 — près de 10 % — ont été classées comme impliquant un vélo électrique.
La comparaison entre les deux populations donne trois écarts. « Comparés aux blessures survenues sur vélo classique, les usagers de vélos électriques avaient 41 % de risques supplémentaires de subir une blessure à la tête ou au cou et 33 % de plus de se blesser aux membres inférieurs. En revanche, ils étaient 36 % moins susceptibles de se blesser aux membres supérieurs », détaille road.cc. Il s’agit d’écarts de risque relevés dans un seul service d’urgences : l’étude décrit une association, elle n’établit pas que l’assistance électrique soit en elle-même la cause des blessures.

Alcool et casque, les deux facteurs mis en avant
Les auteurs associent ces accidents à deux comportements. Selon le résumé de l’étude, l’alcool est en cause dans 8,0 % des cas en vélo électrique, contre 3,0 % des cas hors vélo électrique. Et « lorsque l’information était consignée, 81 % des usagers de vélos électriques n’auraient pas porté de casque au moment de leur accident ». Trois pour cent des blessés en vélo électrique — dix-sept personnes — ont dû être opérés.
« Ces accidents étaient fréquemment associés à la consommation d’alcool et à un port du casque déclaré plus faible que dans les accidents hors vélo électrique, et ont potentiellement entraîné des blessures plus graves », écrivent les chercheurs, cités par road.cc. Adam Stoneham, chirurgien traumatologue au Homerton University Hospital, replace la mesure dans son contexte : « Les vélos électriques ont tout changé ; ils rendent le vélo bien plus accessible à des gens de tous âges et de toutes conditions physiques, et ils augmentent nettement la distance que l’on peut parcourir pour aller travailler. Mais bien sûr, cela a un coût. Les infrastructures londoniennes ne sont pas dimensionnées pour le volume de vélos que nous voyons actuellement. »
La réserve : ce que recouvre le mot « e-bike »
C’est la limite principale soulevée après la publication. Adam Tranter, ancien commissaire à la marche et au vélo des West Midlands, avertit : « Le problème de fond, c’est que les hôpitaux et les services d’urgence emploient souvent “e-bike” comme un terme fourre-tout, qui inclut des machines illégalement modifiées et qui sont, au regard de la loi, des motos électriques. » Autrement dit, une partie des blessés comptés dans la colonne « vélo électrique » ne roulaient pas sur un vélo à assistance conforme.
Le travail documente au passage la place croissante du vélo électrique dans les urgences londoniennes : selon le résumé publié par l’éditeur, la part des passages liés au vélo électrique est passée « de 3,8 % la première année à 16,0 % la troisième ». Adam Tranter relativise cette progression : « Il n’y a rien d’étonnant à ce que les blessures en vélo électrique aient augmenté en part des blessures à vélo, vu la croissance de l’usage du vélo électrique dans la capitale », déclare-t-il à road.cc.
Photo de une : Human Forest bikes in London — Philafrenzy / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).



