EN BREF
Le 8 octobre, Deliveroo a lancé au Royaume-Uni sa campagne Ride Safe, qui demande au gouvernement d’interdire la vente au grand public des kits de conversion de vélos électriques dangereux. Ces kits permettent de dépasser les limites légales de puissance ou de vitesse. La plateforme annonce aussi un outil de détection des vitesses anormales et retirera l’accès aux livreurs si le problème persiste ou s’ils ont sciemment déclaré un autre véhicule. TfL, les pompiers de Londres et le syndicat GMB soutiennent la démarche.
La plateforme de livraison de repas s’attaque à un problème que la capitale britannique connaît bien : les vélos transformés en engins trop rapides, et parfois en risque d’incendie. Avec sa campagne Ride Safe, présentée à Londres le 8 octobre, Deliveroo porte la demande jusqu’au gouvernement.
Kits de conversion : ce que Deliveroo veut faire interdire
Deliveroo demande au gouvernement d’interdire la vente au grand public des kits de conversion jugés dangereux. Le communiqué les décrit : ils équipent un vélo d’un moteur et d’une batterie qui dépassent les limites légales de puissance ou de vitesse, ou d’un accélérateur à poignée qui fait avancer sans pédaler, une forme interdite. La plateforme souligne qu’on les trouve facilement en ligne comme en magasin.
Paul Bedford, directeur des politiques publiques et du développement durable de Deliveroo, explique la démarche :
« Nous demandons au gouvernement d’aller plus loin et de régler ce problème à la source, parce que n’importe qui peut acheter ces kits, les monter sur n’importe quel vélo et se mettre en danger, ainsi que les autres. »
Paul Bedford, Deliveroo
Il ajoute que le secteur a la responsabilité de montrer l’exemple sur la sécurité des vélos électriques.
Des livreurs repérés à leur vitesse
La plateforme ne se contente pas de demander une loi. Le communiqué annonce une technologie de mesure de la vitesse, destinée à repérer les livreurs qui tiennent des vitesses qu’un vélo, ou un vélo électrique conforme, ne pourrait raisonnablement pas atteindre. Deliveroo contactera alors le livreur au sujet de son véhicule, puis lui retirera l’accès à la plateforme si le problème persiste, ou s’il a sciemment déclaré un autre véhicule que le sien.
Pour offrir une alternative légale, Deliveroo cite ses partenariats avec PORT, Zoomo, Otto Scooters et Eskuta, qui donnent accès à des véhicules conformes à prix abordable. La plateforme précise que chaque livreur reçoit aussi, à son inscription, des consignes de sécurité routière, dont des indications propres au vélo électrique.
Pompiers, TfL et syndicat en soutien
La campagne est soutenue par la députée Siobhan McDonagh, Transport for London (TfL), la brigade des pompiers de Londres, le syndicat GMB et PORT Bikes. Richard Field, commissaire adjoint de la London Fire Brigade, rappelle que « nos pompiers interviennent régulièrement sur des incendies très dangereux causés par des vélos convertis ». La radio LBC rapporte que la brigade a recensé 171 incendies de vélos électriques l’an dernier.
Pour Martin Wills, du syndicat GMB, « aucun livreur ne devrait craindre qu’un kit de conversion bon marché et illégal transforme son vélo en risque d’incendie ». James Willson, responsable du développement et des partenariats de PORT, juge que retirer ces kits du marché serait « la mesure la plus importante » pour protéger les usagers de vélos électriques, les piétons et les riverains.
À ce stade, il s’agit d’une demande adressée au gouvernement britannique : le communiqué du 8 octobre ne fait état d’aucune décision de sa part.



