EN BREF
Le Conseil municipal de New York a examiné le 30 septembre, au fil d’une audition de plusieurs heures, 23 propositions de loi sur les vélos électriques, trottinettes et cyclomoteurs. Deux d’entre elles, portées par l’élue Crystal Hudson, interdiraient l’une la vente et la location des vélos électriques de classe 3, l’autre leur usage après deux ans de transition. Un programme municipal de reprise les échangerait contre un VAE de classe 1 ou 2, ou un bon d’achat. Il s’agit de propositions, que l’administration municipale a accueillies avec des réserves, notamment pour les livreurs.
Le 4 août, le Conseil municipal de New York annonçait plus d’une douzaine de textes sur les vélos et trottinettes électriques, avec une audition fixée au 30 septembre (nous en parlions alors). Cette audition a eu lieu. Le paquet a grossi : Bicycle Retailer compte désormais 23 propositions, dont l’interdiction de la vente, de la location et de l’usage des vélos électriques de classe 3, et un programme de reprise mené avec les détaillants.
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Vélos électriques de classe 3 : vente stoppée, usage interdit en 2029
Les textes de Crystal Hudson, élue au Conseil municipal, procèdent en deux temps. Elle les résume ainsi, citée par Bicycle Retailer :
« Ma proposition stopperait la vente et la location des vélos électriques de classe 3 et, après une période de mise en œuvre de deux ans, supprimerait progressivement leur usage, tout en laissant aux utilisateurs actuels, en particulier les livreurs, le temps et les moyens de faire la transition. »
Crystal Hudson, élue au Conseil municipal de New York
amNY précise que la ville distribuerait des avertissements aux cyclistes encore en classe 3 jusqu’au 1er avril 2029, avant des amendes croissantes.
Le programme de reprise serait confié au département des transports (DOT). Il accepterait les vélos de classe 3 et les engins qui ressemblent à des VAE de classe 1 ou 2 sans en remplir les conditions légales, en échange d’un VAE de classe 1 ou 2 ou d’un bon d’achat chez un vendeur de vélos électriques. Objectif fixé au DOT, indique Bicycle Retailer : au moins 10 000 reprises, selon la demande et la participation des détaillants. Bicycle Retailer précise que le texte interdirait de réserver le programme à une profession ou à une tranche de revenus.

La ville soutient l’intention, pas la méthode
Le contexte chiffré est celui de la police : Bicycle Retailer rapporte que le NYPD a recensé, au premier semestre, 738 blessés et 13 morts impliquant des cyclistes en VAE, contre 601 blessés et 10 morts sur la même période de l’an dernier. Devant les élus, le commissaire du DOT, Mike Flynn, a toutefois indiqué, rapporte amNY, qu’environ deux des 17 décès liés aux vélos électriques depuis le début de l’année impliquaient des engins illégaux, la cause de trois autres restant inconnue.
Sur le programme de reprise, son administration soutient, rapporte amNY, « l’intention du texte » mais s’inquiète de sa mise en œuvre. Mike Flynn l’a expliqué ainsi, cité par amNY :
« Monter un programme comme celui-ci demande énormément de moyens, et une approche plus étroite, ciblant les engins illégaux les plus dangereux, pourrait avoir un impact plus fort sur la sécurité des rues. »
Mike Flynn, commissaire du département des transports de New York
Les livreurs en première ligne
Sam Levine, commissaire du département de la protection des consommateurs et des travailleurs, a mis en garde contre l’interdiction d’usage. « Nous avons de sérieuses inquiétudes quant aux conséquences involontaires, qui toucheront avant tout les livreurs », a-t-il déclaré, cité par amNY. « Beaucoup d’entre eux sont des immigrés qui maîtrisent mal l’anglais et présentent d’autres vulnérabilités. »
Ligia Guallpa, directrice générale du Workers Justice Project, juge de son côté, rapporte amNY, que le paquet passe à côté des « causes profondes » de l’insécurité routière. amNY présente les 23 textes comme des propositions des élus : entre la sécurité des rues et le gagne-pain des livreurs, le Conseil devra trancher.



