EN BREF
La Commission américaine de sécurité des produits de consommation (CPSC) a publié le 24 juin une proposition de réglementation qui imposerait des batteries certifiées UL sur tous les vélos électriques vendus aux États-Unis. Le texte prévoit également des boîtiers de batterie anti-sabotage, un système de gestion de la batterie (BMS) testé pour éviter la charge de cellules surchauffées, et des protections contre les inversions de polarité. Les commentaires publics sont ouverts jusqu’au 24 août 2026.
| Réglementation | CPSC – proposition de règle obligatoire (micromobilité) |
| Publication | 24 juin 2026, Federal Register (États-Unis) |
| Commentaires publics | jusqu’au 24 août 2026 |
| Standards de référence | UL 2849-20 (vélos électriques) · UL 2272-24 (trottinettes) · UL 2271-23 (packs de batterie) |
| Produits concernés | VAE, trottinettes, skateboards électriques, kits de conversion, batteries de rechange, chargeurs |
Le 24 juin 2026, la CPSC a soumis au Federal Register une proposition de règle obligatoire sur la sécurité des appareils de micromobilité. Elle vise en premier lieu les vélos à assistance électrique, les trottinettes et les planches à roulettes électriques. Si elle est adoptée en l’état, plus aucun VAE ne pourra être commercialisé aux États-Unis sans répondre aux exigences des normes UL 2849-20, UL 2272-24 et UL 2271-23.
Batterie VAE certifiée : ce que la CPSC veut imposer
La proposition ne se limite pas à exiger la conformité aux normes UL existantes. La CPSC estime que ces normes volontaires ne couvrent pas tous les risques identifiés. Le texte ajoute quatre exigences supplémentaires : des boîtiers de batterie résistants à l’ouverture (pour décourager le remplacement par des cellules non certifiées) ; des tests spécifiques pour que le BMS coupe la charge lorsqu’une cellule est surchauffée ; des protections contre les inversions de polarité dues aux chargeurs incompatibles ; des étiquettes d’avertissement renforcées sur les risques liés aux chargeurs maison et aux packs de remplacement.
La réglementation porterait aussi sur les kits de conversion qui transforment un vélo classique en VAE — une catégorie souvent pointée comme source principale d’incendies. Les batteries de rechange et les chargeurs aftermarket seraient également soumis aux mêmes règles que l’équipement d’origine.

51 incendies de batteries d’engins électriques recensés aux États-Unis
La proposition de la CPSC intervient alors que l’agence multiplie les alertes : 51 incidents d’incendie liés à des batteries d’engins électriques ont été recensés aux États-Unis, imputés à plusieurs marques — Rad Power Bikes, Unit Pack Power et Ridstar — qui ont toutes refusé de procéder à un rappel. Ridstar cumule à elle seule deux avertissements en 2026 : le premier en mars, pour un risque d’incendie de batterie sur ses Q20 et Q20 Pro ; le second le 25 juin, cette fois pour un défaut de roue avant se détachant en roulant sur les Q20 et Q20 Lite. L’écrasante majorité des départs de feu met en cause des batteries de remplacement non certifiées ou des chargeurs incompatibles — pas les systèmes intégrés des marques établies.
Dans le reste du monde, la tendance n’est pas meilleure. Au Royaume-Uni, les incendies liés aux batteries lithium-ion, tous usages confondus, ont progressé de 93 % entre 2022 et 2024 — de 690 à 1 330 sinistres — selon l’assureur QBE. Les incendies impliquant spécifiquement des VAE ont, eux, doublé sur la même période, passant de 181 à 362. Les experts pointent systématiquement le même facteur : les packs de batterie achetés hors des circuits officiels, montés sur des vélos dont ils ne sont pas l’équipement prévu.
L’Europe déjà réglementée, les États-Unis rattrapent leur retard
En Europe, les VAE commercialisés sont soumis depuis des années au marquage CE et aux normes harmonisées pour les cycles à assistance électrique. Le cadre américain actuel repose, lui, sur des normes volontaires — pas obligatoires. La proposition de la CPSC entend combler cet écart réglementaire en rendant le respect des standards UL non plus facultatif, mais contraignant.
L’organisation PeopleForBikes, qui représente l’industrie du vélo aux États-Unis, suit de près l’avancement du texte. Les acteurs du marché disposent jusqu’au 24 août 2026 pour déposer leurs commentaires auprès de la CPSC avant que la commission ne décide d’aller plus loin vers une réglementation définitive.
Ce que ça signifie pour les acheteurs de VAE
Si la règle est adoptée, l’impact principal touchera les importateurs de VAE à bas coût qui ne répondent pas encore aux normes UL. Pour les grandes marques déjà conformes, le changement sera mineur. Pour les acheteurs, en revanche, la règle apporterait une certitude : tout VAE vendu légalement aux États-Unis aura passé des tests de sécurité définis par la CPSC. Le conseil reste valable de chaque côté de l’Atlantique : ne jamais remplacer la batterie d’un VAE par un pack générique acheté en dehors des canaux officiels du fabricant.



