EN BREF
À compter du 19 juillet 2026, le New Jersey applique l’une des réglementations les plus sévères des États-Unis sur le vélo électrique — « la plus restrictive du pays », selon les associations cyclistes. Signé le 19 janvier par le gouverneur Phil Murphy, le texte (S4834/A6235) supprime le classement fédéral en trois classes et le remplace par trois catégories propres à l’État. La bascule qui surprend : même les vélos à pédalage assisté bridés à 32 km/h (20 mph), sans accélérateur, doivent désormais un permis et une plaque d’immatriculation. L’assurance, elle, ne vise — selon l’agence des véhicules du New Jersey — que les modèles à accélérateur, un point que le flou du texte rend déjà contesté.
À partir du 19 juillet 2026, enfourcher un vélo électrique dans le New Jersey suppose des formalités dignes d’un véhicule motorisé : un permis pour le conducteur, une plaque sur le vélo et, pour certains modèles, une assurance. Une bascule que les associations locales qualifient déjà de plus stricte des États-Unis, et dont la mise en œuvre, à quelques jours de l’échéance, vire à la confusion.
Fini les trois classes, place à trois catégories maison
Jusqu’ici, le New Jersey suivait — comme 46 États — le classement fédéral en trois classes (1, 2 et 3), fondé sur la vitesse et la présence ou non d’un accélérateur. La loi signée le 19 janvier 2026 par Phil Murphy, lors de son dernier jour de mandat, balaie ce système et le remplace par trois catégories propres à l’État, aux obligations bien différentes.
| Catégorie New Jersey | Définition | Permis + plaque | Assurance |
|---|---|---|---|
| Low-Speed Electric Bicycle (ex-classe 1) | Pédalage assisté jusqu’à 32 km/h (20 mph), sans accélérateur | Oui | Non, selon la MVC (point contesté) |
| Motorized Bicycle | Accélérateur, assistance jusqu’à 45 km/h (28 mph), assimilé à un cyclomoteur | Oui | Oui |
| Electric Motorized Bicycle | Moteur d’au moins 750 W, au-delà de 45 km/h (28 mph) | Oui (régime moto) | Oui |
Contrairement à ce qu’une lecture rapide pourrait laisser croire, la loi ne fond donc pas tous les vélos électriques dans une case unique : elle distingue bien le vélo à assistance classique du deux-roues à accélérateur. Mais elle place la barre très bas — et c’est précisément ce qui fait débat.

Un permis pour tous, une assurance pour les plus rapides… en théorie
Le cœur de la controverse tient là : le vélo à pédalage assisté limité à 32 km/h (20 mph), sans accélérateur, n’est pas épargné. Son utilisateur doit détenir un permis — le permis de conduire suffit à partir de 17 ans, tandis que les 15-16 ans doivent passer un permis vélo dédié (avec examen) et que rouler avant 15 ans est interdit — et le vélo doit être immatriculé auprès de l’agence des véhicules (NJ MVC), plaque à l’appui.
L’assurance, en revanche, ne concernerait que les « motorized bicycles » à accélérateur (jusqu’à 45 km/h / 28 mph) et les engins plus puissants, selon la lecture officielle de la MVC. Mais ce point est déjà brouillé : plusieurs médias spécialisés et la Bicycle Coalition of Greater Philadelphia pointent une ligne du texte qui contredirait cette exemption, et la MVC elle-même a d’abord affiché par erreur une obligation d’assurance pour les vélos lents avant de se corriger. Là où l’assurance s’applique, le Philadelphia Inquirer cite des minimums de 15 000 $ par blessé, 30 000 $ par accident et 5 000 $ de dommages matériels — le New Jersey serait le premier État à imposer une assurance pour un vélo électrique.
Une mise en œuvre dans le brouillard
À quelques semaines de l’échéance, il n’existait toujours aucun moyen concret de se mettre en règle : fin juin, le site de la MVC ne permettait pas d’immatriculer un vélo électrique, les procédures étaient « encore en développement » et les premiers rendez-vous n’ouvraient qu’en juillet. Côté application, plusieurs forces de police ont diffusé des informations contradictoires ; la police de Ventnor résumait l’ambiance d’un « We’re absolutely waiting for clarity all around » — en somme, on attend surtout d’y voir clair. Une période de grâce de six mois court jusqu’au 19 juillet, et la première année d’immatriculation est gratuite.
Une loi que les cyclistes jugent « la plus restrictive du pays »
La contestation est menée par la New Jersey Bike & Walk Coalition, PeopleForBikes et la Bicycle Coalition of Greater Philadelphia, rejointes par des associations de défense des immigrés. Leur reproche : la loi frappe d’abord les publics les plus fragiles — livreurs, familles, seniors, personnes à mobilité réduite, navetteurs à faibles revenus — pour qui le vélo électrique est un outil de transport, pas un loisir, et elle vise les vélos lents plutôt que les « e-motos » rapides censées poser problème. Selon ces associations, la nouvelle gouverneure Mikie Sherrill a depuis signé un décret instaurant une pause réglementaire, et PeopleForBikes dit travailler à un texte correctif. Reste à voir ce qu’il restera de la loi une fois la poussière retombée.



