EN BREF
La filière vélo allemande a employé 74 300 personnes en 2025 dans ses métiers cœur — fabrication, commerce et services —, contre 76 700 un an plus tôt, selon l’étude annuelle du T3 Transportation Think Tank réalisée pour l’association Zukunft Fahrrad. Le chiffre d’affaires du secteur s’est établi à environ 25 milliards d’euros. Le recul touche surtout le commerce, dont les ventes chutent de 10 %, quand la fabrication perd 2 % de chiffre d’affaires et 5 % de ses effectifs. Effets indirects et induits compris, l’étude crédite la filière de plus de 198 000 emplois, et son directeur met en cause la pression tarifaire venue de Chine.
| Emplois directs 2025 | 74 300 (76 700 en 2024) |
| Emplois totaux | Plus de 198 000, effets indirects et induits compris |
| Chiffre d’affaires | Environ 25 milliards d’euros |
| Emploi, fabrication | − 5 % |
| Emploi, commerce | − 3 % |
| Chiffre d’affaires, fabrication | − 2 % |
| Chiffre d’affaires, commerce | − 10 % |
| Leasing de vélos de fonction | − 10 % de chiffre d’affaires |
| Étude | T3 Transportation Think Tank, pour Zukunft Fahrrad |
L’étude de branche sur la filière vélo allemande vient de paraître dans son édition 2026. Elle porte sur l’année 2025, et décrit un secteur qui recule pour la deuxième année consécutive. La demande sur le marché du vélo est pourtant restée stable en 2025, selon l’étude reprise par Radmarkt : ce sont les entreprises qui souffrent, sous l’effet de la hausse des coûts liée aux bouleversements géopolitiques, de la baisse des prix et de stocks encore partiellement pleins.
74 300 emplois dans la filière vélo allemande
Le chiffre central de l’étude est celui de l’emploi. Selon velobiz, « en 2025, 74 300 personnes travaillaient dans les métiers cœur de la branche vélo, c’est-à-dire la fabrication, le commerce et les services. Un an plus tôt, elles étaient encore 76 700 ». Le repli n’est pas uniforme : d’après la même source, « dans la fabrication, l’emploi a reculé de cinq pour cent, dans le commerce de trois pour cent ». Velobiz précise que, si les effectifs et les chiffres d’affaires reculent tous deux par rapport à 2024, ces deux valeurs restaient encore au-dessus des années d’avant-Covid.
L’étude élargit ensuite son périmètre au-delà de l’emploi direct. Citée par velobiz, elle indique que la filière « sécurise au total plus de 198 000 emplois lorsque l’on comptabilise les emplois indirects — liés aux fournitures et prestations achetées — et induits — liés aux dépenses de consommation des salariés ».

Le commerce encaisse le choc, l’atelier amortit
Côté argent, le total tient : velobiz écrit que « le chiffre d’affaires global de la branche s’est élevé à environ 25 milliards d’euros ». Mais la répartition bouge. Toujours selon velobiz, « les chiffres d’affaires ont baissé de deux pour cent dans la fabrication, de dix pour cent dans le commerce ». Le même article note que « dans les ateliers, la part croissante du service a un peu amorti les difficultés ».
Deux mouvements de fond se dessinent dans les services. Le leasing de vélos de fonction, que Zukunft Fahrrad décrit comme l’un des principaux moteurs du marché du vélo, marque le pas : velobiz relève « un recul de dix pour cent des chiffres d’affaires » pour le Dienstrad-Leasing, « tandis que l’activité sur les vélos d’occasion a progressé ». Radmarkt décrit le même contraste, en nommant explicitement le reconditionnement de vélos d’occasion comme le segment en croissance.
La filière pointe la concurrence chinoise
L’association commanditaire ne s’en tient pas au constat. Wasilis von Rauch, directeur de Zukunft Fahrrad, déclare : « Sans soutien politique, le marché reste vulnérable. » Il vise nommément « la pression concurrentielle venue de Chine, qui pousse sur le marché avec des subventions cachées, des manipulations de taux de change et des offres en dessous des coûts de production, et qui tire les prix vers le bas ».
Sa demande tient en une phrase, reprise par Radmarkt : « Ce dont la branche a besoin, c’est d’une protection contre la concurrence déloyale et d’une infrastructure sur laquelle les utilisatrices et les utilisateurs puissent circuler en sécurité avec les produits. » Une revendication qui vaut bien au-delà des frontières allemandes, à l’heure où les industriels européens du vélo enchaînent les plans de restructuration.



