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Londres : Lime coupe ses vélos à Bromley après le signalement d’un habitant aveugle

Lime a bloqué la location de ses vélos dans le borough de Bromley après le témoignage d'un habitant aveugle contraint de marcher sur la chaussée.

Londres : Lime coupe ses vélos à Bromley après le signalement d’un habitant aveugle

EN BREF

Lime a coupé la location de ses vélos partagés dans le borough de Bromley, au sud-est de Londres, après le témoignage d’un habitant aveugle contraint de marcher sur la chaussée pour contourner des vélos garés en travers du trottoir. Saisi par le couple, le député Liam Conlon est intervenu auprès du conseil et de l’opérateur. Le conseil a fait savoir que Lime semblait opérer dans le borough sans son autorisation, et l’entreprise a bloqué les locations dans son application ; le conseil a averti qu’il retirerait les vélos et en facturerait les frais si le problème se poursuivait. Lime s’est excusé et travaille désormais avec le conseil sur des solutions de stationnement.


Le débat sur les vélos en libre-service se joue souvent sur des principes : encombrement, régulation, partage de l’espace public. Entre Lime et Bromley, il s’est joué sur un trottoir de Penge et sur un chien guide qui refusait d’avancer.


Un trottoir bloqué, une chaussée à traverser

Jason Beal, habitant aveugle de Penge, a décrit à la presse britannique ce qu’il lui arrive quand un vélo Lime barre le trottoir. « Là, je dois m’arrêter, Kent House Road est une route assez passante », explique-t-il. « Il [Caine, son chien guide] refusera toujours de s’engager sur une route », précise Jason Beal. « Alors je dois prendre la décision d’essayer de l’emmener sur la chaussée principale. C’est une expérience très effrayante pour moi. »

Le témoignage décrit une mécanique simple : un obstacle sur le trottoir oblige à descendre sur la chaussée, précisément là où le chien guide est dressé à ne pas aller. La contrainte porte donc sur le déplacement quotidien, pas sur un inconfort ponctuel.

Des vélos Lime stationnés sur un trottoir londonien
Photo d’illustration — Suzanne Schroeter / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0).

Lime opérait à Bromley sans autorisation formelle

Jason Beal, gestionnaire en technologies d’assistance, et son épouse Jessica, elle aussi aveugle, ont porté l’affaire devant leur député, Liam Conlon, qui est intervenu auprès du conseil de Bromley et de Lime. C’est à ce moment que le dossier a changé de nature. Selon road.cc, le conseiller exécutif du borough, Simon Fawthrop, a constaté que Lime opérait sur le territoire « sans autorisation formelle ». Toujours selon road.cc, c’est après une menace de frais de mise en fourrière que l’entreprise a bloqué les locations dans tout le borough. Simon Fawthrop, cité par l’agence PA, dit pour sa part avoir « déjà fait part de ses inquiétudes » à Lime et salue un changement qui « semble » être intervenu ; il avertit que si le problème ne cesse pas définitivement, le conseil retirera les vélos et en facturera les frais à l’entreprise. L’entreprise a de son côté expliqué, dans des propos rapportés par LocalGov, qu’une erreur de cartographie avait permis la location dans certaines parties du borough, dont Penge, sans l’accord du conseil.

Concrètement, c’est l’application qui a tranché : d’après la dépêche de l’agence PA, Lime a empêché ses vélos d’être « utilisés au-delà de la limite de Lewisham, le temps que nous puissions convenir d’une approche ». Le service a donc disparu du jour au lendemain pour les habitants qui s’en servaient.

« Nous voulons que les gens continuent de faire du vélo et de marcher »

La réaction de Jessica Beal, citée par PA, dit assez bien l’ambiguïté de l’issue : « On a le sentiment d’une victoire, même si évidemment nous voulons que les gens continuent de faire du vélo et de marcher. » Le retrait d’un opérateur règle un problème d’accessibilité en en créant un autre pour la mobilité du quartier.

Le député, lui, a salué la décision : « Je suis ravi que Lime ait annoncé le retrait de ses vélos de Penge — et je voudrais les remercier pour leur coopération et pour leurs excuses. » Il ajoute, dans les propos rapportés par road.cc : « Nous ne pouvons pas laisser de nouvelles barrières se créer pour des habitants handicapés qui rencontrent déjà des difficultés à se déplacer. En tant que personne handicapée moi-même, qui n’ai pas pu marcher pendant quatre ans à l’adolescence, je comprends ces enjeux de première main. »

La suite se joue sur le stationnement. Selon road.cc, Lime travaille désormais avec le conseil de Bromley au déploiement d’un dispositif favorisant des solutions de stationnement « appropriées » et empêchant l’encombrement des trottoirs. C’est le point de friction propre au free-floating : la liberté de déposer le vélo où l’on veut fait la commodité du service, et c’est elle aussi qu’on lui reproche.

Photo d’ouverture : illustration — Acabashi / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).

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