SOCIÉTÉ

Merseyrail bannit les vélos électriques non pliants de ses trains et gares

À partir du 1er janvier 2027, Merseyrail interdira les vélos électriques non pliants dans ses trains, ses gares et ses parkings. Les associations contestent.

Merseyrail bannit les vélos électriques non pliants de ses trains et gares

EN BREF

Selon road.cc, l’opérateur ferroviaire britannique Merseyrail, qui dessert la région de Liverpool, interdira les vélos électriques non pliants à partir du 1er janvier 2027. D’après le même média, la mesure ne s’arrête pas aux rames : elle couvre aussi les gares, les parkings et les locaux à vélos, et vise également les kits de conversion et les batteries transportées seules. Cycling UK et Wheels for Wellbeing dénoncent un « impact dévastateur » ; Merseyrail a refusé de rencontrer Cycling UK et de publier l’étude de sécurité qui fonde sa décision. L’association a depuis engagé une plainte formelle. Merseyrail, qui invoque le risque des batteries lithium-ion et un examen de sécurité détaillé, n’a répondu à Cycling UK, à ce jour, que par une phrase : « des considérations de sécurité nous ont conduits à introduire l’interdiction ».


Interdire un vélo électrique dans un train est une chose. L’interdire aussi sur le quai, dans le parking et dans le local à vélos de la gare en est une autre : c’est rendre le trajet impossible d’un bout à l’autre. C’est pourtant ce que prévoit Merseyrail, l’opérateur du réseau ferroviaire de la région de Liverpool, à partir du 1er janvier 2027.


Merseyrail : une interdiction qui dépasse les rames

« Le 14 juillet, Merseyrail a annoncé son intention d’interdire les vélos électriques non pliants à partir du 1er janvier 2027, en invoquant un examen de sécurité », rapporte road.cc. Le périmètre est large : selon le média britannique, « l’interdiction couvrira tous les vélos électriques non pliants, y compris ceux qui ont été adaptés ou modifiés, les kits de conversion et les batteries lithium-ion séparées ».

Surtout, la mesure ne s’arrête pas au matériel roulant. « Elle ne s’appliquera pas seulement aux voitures de Merseyrail : l’interdiction couvrira les gares, les parkings et les locaux à vélos », précise road.cc.

Rame Merseyrail Class 507 en gare de Birkenhead North
Photo d’illustration — une rame Merseyrail en gare de Birkenhead North. L’interdiction couvrira aussi les gares, leurs parkings et leurs locaux à vélos. Photo El Pollock / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

Les associations dénoncent une décision sans preuve

Duncan Dollimore, Associate Director de Cycling UK, y voit un recul « qui aura un impact majeur sur le bien-être des gens » et juge que « la réponse de Merseyrail a été profondément décevante et a montré qu’ils n’avaient pas su considérer ni comprendre correctement le problème ».

Pour Dr Kay Inckle, Campaigns and Policy Manager chez Wheels for Wellbeing, « cette interdiction va à l’encontre de l’ambition de faire du Merseyside la région urbaine la plus accessible et défait le bon travail que Merseyrail a mené avec l’embarquement de plain-pied et l’amélioration de l’accessibilité des gares ». L’argument porte sur un public précis : celui qui utilise un vélo à assistance électrique comme aide à la mobilité.

La Merseyside Cycling Campaign, association locale, fait le même constat de son côté : « Il n’y a eu aucune consultation de MCC ni des autres groupes de mobilité active ou de groupes de personnes handicapées. Merseyrail n’a fourni aucune preuve à l’appui de l’interdiction et a refusé de publier son évaluation d’impact. »

À Cycling UK, une phrase pour toute réponse

« La seule réponse de Merseyrail à ce jour a été de déclarer à Cycling UK que « des considérations de sécurité nous ont conduits à introduire l’interdiction » », écrit road.cc. La page officielle que l’opérateur consacre au sujet sur son site est, elle, protégée par un filtre anti-robot qui en a empêché la lecture directe lors de la rédaction de cet article.

L’opérateur avait pourtant motivé sa décision le 14 juillet, par la voix de son directeur général Neil Grabham : « si ces incidents restent rares, le risque qu’ils font peser dans un environnement ferroviaire, en particulier sur un réseau qui fait circuler des trains sous terre, fait que nous ne pouvons pas les ignorer. Nous avons pris cette décision à la suite d’un examen de sécurité détaillé. »

La décision s’inscrit dans un mouvement plus large. Comme le rappelle road.cc, « Merseyrail n’est pas le premier opérateur ferroviaire à interdire tous les vélos électriques non pliants : TfL a introduit une interdiction sur la plupart de ses services l’an dernier ». La décision de Liverpool étend donc à une seconde région britannique une restriction née à Londres.

Cycling UK, elle, ne s’en tient plus à la protestation : selon road.cc, l’association mobilise son Cyclists’ Defence Fund pour transformer en plainte formelle le courrier qu’elle avait adressé à Merseyrail le 6 août. Duncan Dollimore estime qu’« il reste du temps pour que Merseyrail revienne sur sa décision, et nous les exhortons à reconsidérer au vu de l’impact dévastateur qu’elle aura sur la vie des gens ». Fin août 2026, l’échéance laissait un peu plus de quatre mois.

0 Lien copié Retour