EN BREF
Le gouverneur de Floride Ron DeSantis a opposé son veto à la loi SB 382 le 25 juin 2026. Ce texte, adopté à l’unanimité dans les deux chambres de l’État, imposait une limite de 10 mph (environ 16 km/h) pour les vélos électriques à moins de 15 mètres d’un piéton sur une piste partagée. DeSantis a justifié son refus par le risque de surveillance accrue des citoyens par les pouvoirs locaux. Chaque municipalité de Floride devra désormais gérer la question seule.
La Floride disposait, depuis juin 2026, d’un texte bipartisan sur les vélos électriques. Il ne sera pas appliqué. Le gouverneur Ron DeSantis a opposé son veto à la loi SB 382 le 25 juin, mettant fin à un projet adopté à l’unanimité par les deux chambres du Parlement de Floride — un signal de consensus rare pour ce type de sujet.
Ce que prévoyait SB 382
La loi SB 382 imposait une limite de vitesse de 10 miles par heure (environ 16 km/h) pour tout vélo électrique circulant dans un rayon de 50 pieds (environ 15 mètres) d’un piéton sur une piste partagée. Dépasser cette limite aurait constitué une infraction non liée à la circulation — assortie d’amendes supérieures à 100 dollars.
Le texte prévoyait également la création d’un groupe de travail dédié aux engins de micromobilité (la Micromobility Device Safety Task Force), chargé d’étudier les réglementations existantes dans d’autres États et de formuler des recommandations pour la Floride. Un mécanisme classique pour préparer une réforme plus large.
Voté à l’unanimité, bloqué par le gouverneur
Les deux chambres de l’Assemblée législative de Floride avaient adopté SB 382 à l’unanimité — une rareté dans le paysage politique américain actuel, surtout sur un sujet touchant à la mobilité et à la vie quotidienne des citoyens. Le 25 juin, DeSantis y a opposé son veto, en invoquant deux arguments principaux.
D’abord, une question pratique : la limite de 10 mph serait « difficile à mesurer pour un cycliste en train de rouler normalement ». Ensuite, un argument idéologique : faire respecter cette limite impliquerait « inévitablement l’utilisation de dispositifs de détection de vitesse et de surveillance », ce qui pourrait conduire à une « surveillance accrue des citoyens par les pouvoirs locaux ».
L’accidentalité, l’argument de départ
La demande d’un cadre réglementaire statewide venait en partie de communes préoccupées par la cohabitation entre VAE et piétons sur les pistes partagées. La ville de Coral Springs avait recensé 81 accidents impliquant des engins de micromobilité depuis le mois de septembre précédent, selon des données citées lors des débats parlementaires.
Le VAE — vélo à assistance électrique — est un marché en pleine croissance aux États-Unis, y compris en Floride. Les pistes multiusages concentrent une bonne partie des conflits d’usage : des cyclistes plus rapides, des piétons, des trottinettes, parfois de jeunes enfants à vélo. En l’absence de règle commune, les vitesses ne sont pas encadrées.
La réglementation renvoyée aux villes
Le veto de DeSantis renvoie la question à l’échelon municipal. Les villes qui souhaitent encadrer la vitesse des VAE sur leurs pistes partagées devront légiférer individuellement, sans cadre unifié pour l’ensemble de l’État. Une situation susceptible de produire une mosaïque de règles différentes d’une municipalité à l’autre — exactement l’inverse de ce que SB 382 cherchait à éviter.
Pour les cyclistes électriques, le message est simple : en Floride, les règles de cohabitation sur les pistes varient selon l’endroit où l’on pédale. Et pour l’instant, elles continueront de le faire.



