
EN BREF
Au premier trimestre 2026, la Chine est passée pour la première fois sous la barre des 50 % des vélos importés aux États-Unis : 960 468 unités, soit 48,5 % du marché, en recul de 42 % sur un an. Elle reste le premier fournisseur, mais son décrochage profite au Cambodge, qui grimpe à environ 20 % et s’installe comme deuxième pays d’origine. En cause : des droits de douane effectifs supérieurs à 50 % sur les vélos chinois, contre moins de 30 % pour le Cambodge. Le marché, lui, ne grandit pas — les volumes se contractent et les exportateurs se disputent une demande en baisse.
Le recul historique de la Chine
La Chine a vu sa part des importations de vélos aux États-Unis chuter sous les 50 % pour la première fois, à 48,5 %, avec 960 468 unités au premier trimestre 2026. C’est son pire trimestre depuis dix ans : une baisse de 42 % par rapport à l’année précédente. Historiquement, le pays dominait le secteur avec des parts oscillant entre 80 % et 90 %.
La principale cause de ce recul tient aux droits de douane sur les vélos chinois, dont les taux effectifs dépassent désormais 50 % sur les modèles non électriques. Cette pression tarifaire alourdit les coûts d’approvisionnement et pousse de nombreux acteurs à revoir leurs stratégies — certains ont déjà quitté le marché américain ou déposé le bilan.


Le Cambodge en plein essor
En face, le Cambodge a importé 464 465 vélos aux États-Unis sur le même trimestre, un record qui le porte à environ 20 % de parts de marché. De quoi devenir le deuxième pays d’origine des vélos vendus aux États-Unis, derrière une Chine toujours en tête mais en net recul. Ce bond s’appuie sur un accord commercial bilatéral qui maintient les droits de douane cambodgiens sous les 30 %, contre plus de 50 % pour la Chine.
La montée en puissance doit beaucoup à un accord signé en 2020 avec le Vietnam : il permet aux fabricants cambodgiens de s’approvisionner en composants et en matières premières chez leur voisin, sécurisant ainsi leur chaîne logistique. Les États-Unis sont devenus la première destination d’exportation du pays, qui a musclé ses capacités de production ces dernières années.

Une redistribution, pas une croissance
Le marché américain du vélo ne s’étend pourtant pas. La bascule entre fournisseurs traduit moins un appétit retrouvé qu’une compétition entre pays asiatiques pour préserver leurs commandes dans un marché affaibli. Le Cambodge a su tirer parti de la situation — main-d’œuvre abondante, coûts réduits, délocalisation des chaînes — pour renforcer son industrie.
Reste la question de la viabilité à long terme de ces flux, alors que les États-Unis amorcent une relocalisation partielle de leur production pour réduire leur dépendance aux importations. La carte des approvisionnements, elle, continuera sans doute de bouger au gré des droits de douane.