EN BREF
Selon le communiqué de Royal Mail, la poste britannique déploie ce mois-ci ses premiers vélos-cargos électriques : vingt quadricycles Minimal Pedal 4, à Londres, Brighton et Cambridge, avec l’intention d’étendre le déploiement à d’autres implantations. Les machines sont fabriquées dans la microusine de Minimal, dans l’ouest de Londres. La poste britannique inscrit l’opération dans son objectif de neutralité carbone en 2040, mais l’argument le plus concret est ailleurs : le Pedal 4 ne demande aucun permis de conduire, ce qui, selon Royal Mail, peut élargir le recrutement de facteurs. Autonomie annoncée : jusqu’à 37 miles, pour 2,5 m³ de volume utile.
Il y a des retours en arrière qui ressemblent à des progrès. Il y a une dizaine d’années, Royal Mail avait mis fin à sa flotte de Pashley Pronto, ces vélos utilitaires à deux roues, sans assistance, baptisés Mailstar. Une décennie plus tard, la poste britannique remet des pédales dans ses tournées urbaines — avec une machine qui n’a plus grand-chose à voir avec le vélo rouge d’antan.
Vingt Minimal Pedal 4 à Londres, Brighton et Cambridge
Le déploiement démarre petit — vingt machines — mais Royal Mail ne le présente pas comme un galop d’essai : le communiqué parle d’« étendre ce qui est déjà la plus grande flotte de livraison électrique du Royaume-Uni ». « Les vingt premiers cycles Minimal Pedal 4 seront déployés ce mois-ci dans des villes dont Londres, Brighton et Cambridge, avec le projet d’étendre à d’autres implantations à l’avenir », écrit Transport + Energy en relayant l’annonce du 29 juillet. Les véhicules sont assemblés dans la microusine de Minimal, dans l’ouest de Londres.
Techniquement, le Pedal 4 est un quadricycle à assistance : quatre roues, une cabine autour de la selle, un caisson de chargement à l’arrière. La fiche communiquée annonce « une autonomie allant jusqu’à 37 miles et une capacité de chargement de 2,5 m³ » — soit une soixantaine de kilomètres, cette valeur étant publiée en miles par Royal Mail. La recharge se fait sur une prise domestique à trois broches, ce qui permet, selon le communiqué relayé par Transport + Energy, de l’exploiter depuis n’importe quel centre de distribution, « y compris les sites disposant de peu d’espace de cour ou de capacité électrique ».
Le vélo-cargo comme outil de recrutement
C’est l’argument le plus intéressant de l’annonce, et il n’a rien d’écologique. Zag Daily le formule ainsi : « Le cycle cargo « Pedal 4 » de Minimal ne nécessite pas de permis de conduire et peut être conduit sur les pistes cyclables, les voies vertes et les routes dont la limitation ne dépasse pas 30 mph. Royal Mail affirme que cela donne aux centres de distribution une plus grande souplesse et pourrait élargir le recrutement en ouvrant des postes de livraison à des personnes sans permis. »
Le communiqué le pose d’ailleurs en comparaison : après l’introduction de ses premiers micro-véhicules électriques l’an dernier, Royal Mail élargit sa gamme urbaine zéro émission, et « contrairement à un micro-véhicule électrique », le Pedal 4 n’exige pas de conducteur titulaire du permis. Royal Mail présente cet accès sans permis comme un levier de recrutement, au même titre que l’argument carbone. Mark Riley, Delivery Design Manager chez Royal Mail, lie d’ailleurs explicitement les deux : « Nos nouveaux cycles cargo électriques marquent une nouvelle étape importante vers l’atteinte du zéro net en 2040 et vers un réseau de livraison plus efficace. Ils contribueront à réduire les émissions et à améliorer la qualité de l’air dans les communautés que nous desservons, tout en créant de nouvelles occasions de rejoindre Royal Mail sans avoir besoin d’un permis de conduire. »
3,3 pence par mile : les chiffres de Minimal
Le constructeur avance des chiffres d’exploitation qu’il faut prendre pour ce qu’ils sont — les siens. Selon Zag Daily, « les véhicules coûteraient environ 3,3 pence par mile à l’usage, ce que Minimal estime être environ 2,2 fois moins cher qu’une camionnette électrique et cinq fois moins cher qu’un véhicule diesel ». Patrick Bion, PDG de Minimal, indique par ailleurs que son entreprise a constaté que le Pedal 4 réalise plus de livraisons par heure que les solutions à camionnette, tout en fonctionnant à un coût inférieur.
Il ajoute, cité par Cycling Electric : « Royal Mail exploite l’un des réseaux de livraison les plus exigeants du pays. Leur décision de déployer le Pedal 4 à travers le Royaume-Uni est le signal le plus clair possible que des véhicules électriques dimensionnés au besoin seront centraux dans la façon dont nous déplaçons les marchandises en ville, plus efficacement. »
Cycling Electric rappelle un précédent utile pour juger la manœuvre : le groupe Royal Mail exploite déjà des vélos-cargos hors du Royaume-Uni, via sa filiale italienne GLS, à Rome, Milan et Bologne. Le Royaume-Uni, lui, y avait renoncé — en 2016 selon Cycling Electric, la presse britannique de l’époque ayant annoncé le retrait pour 2014. Vingt machines, c’est peu pour un réseau national : Royal Mail dit vouloir « étendre à d’autres implantations à l’avenir », sans annoncer ni calendrier ni volume. Le résultat se jouera autant sur l’organisation des tournées que sur le véhicule lui-même.



