EN BREF
Lectric eBikes a franchi le même jour, le 30 juillet, deux jalons : un milliard de dollars de ventes cumulées et son 750 000e vélo électrique vendu. Levi Conlow, cofondateur et directeur général, l’a annoncé sur les réseaux sociaux. Le milliard ne porte que sur la boutique en ligne de la marque, son canal direct principal, et exclut ses partenariats de distribution comme Best Buy. Fondée en 2019 par deux associés sans capital-risque, l’entreprise a bâti sa croissance sur une méthode simple : vendre en direct, à prix serré, en commençant par un vélo pliant à 899 dollars.
Il y a des anniversaires qui tombent bien. Le 30 juillet, Lectric eBikes a enregistré coup sur coup son milliardième dollar de chiffre d’affaires en ligne et la vente de son 750 000e vélo électrique. Sept ans après ses débuts dans un appartement de l’Arizona, l’entreprise américaine est devenue le contre-exemple d’un secteur qui a brûlé beaucoup d’argent pour beaucoup moins de résultats.
Deux jalons pour Lectric eBikes, le même jour
C’est Levi Conlow, cofondateur et directeur général, qui a annoncé la nouvelle sur ses réseaux sociaux — il n’existe pas de document comptable public, Lectric étant une société privée. Le chiffre mérite d’être lu avec précision : selon Electrek, le milliard correspond aux seules ventes réalisées sur sa plateforme Shopify, c’est-à-dire son canal direct vers le client. Les volumes écoulés par ses partenariats de distribution, chez Best Buy notamment, s’ajoutent en dehors de ce total.
Autrement dit, le milliard mesure la vente directe, pas l’activité complète de l’entreprise. Ce qui, pour une marque dont toute la stratégie repose justement sur la suppression de l’intermédiaire, revient à mesurer exactement ce qu’elle a voulu prouver.

Un vélo à 899 dollars comme acte de naissance
L’histoire commence en 2019. Levi Conlow et Robby Deziel lancent le Lectric XP, un pliant à assistance électrique vendu 899 dollars, à une époque où le marché américain considérait ce niveau de prix comme incompatible avec un produit sérieux. Le pari fonctionne : la marque revendiquait dès 2021, dans un communiqué, plus de 100 000 vélos électriques vendus en deux ans et demi.
Le modèle économique tenait à peu de chose. Selon Electrek, des marges très fines au départ, améliorées ensuite en renégociant avec les fournisseurs à mesure que les volumes grossissaient — le cercle vertueux du direct, à condition de survivre aux débuts. Lectric y est parvenue sans lever de capital-risque, ce que Forbes a résumé d’une formule : bootstrapped to $1 billion.
Le contraire de ce qu’a vécu le secteur
Le contraste est difficile à manquer. Ces trois dernières années ont vu disparaître ou passer sous contrôle judiciaire une bonne partie des marques de vélos électriques financées par des fonds — TechCrunch en faisait le sujet d’une enquête en juin dernier, titrée sans détour : pendant que les start-up financées par capital-risque faisaient faillite, Lectric, autofinancée, grandissait.
Selon Electrek, la marque domine aujourd’hui le marché américain du vélo électrique « avec une marge confortable », et Forbes la décrit comme dominante sur la vente directe au consommateur. Il s’agit dans les deux cas d’appréciations de médias spécialisés, à distinguer de la mesure d’un institut indépendant : les sources consultées ne publient pas de chiffre de parts de marché.

Trois marques lancées en un an
Le groupe a élargi son portefeuille de marques. En 2026, il a lancé trois marques : Juiced Bikes, ressuscitée autour des modèles Scrambler ; Juiced Powersports, qui vend des motos tout-terrain électriques annoncées à 60 mph pour 2 499 dollars ; et Monarc, positionnée sur le haut de gamme avec des composants plus soignés.
Trois créneaux, une même méthode : proposer davantage d’équipement que la concurrence pour un tarif comparable. C’est la recette qui a fait passer Lectric d’un appartement de l’Arizona à trois quarts de million de vélos vendus — et rien n’indique, pour l’instant, qu’elle compte en changer.



