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Gobao supprime le dérailleur et loge la transmission dans son moteur

Gobao dévoile les X1 et X1P, deux moteurs de VTT électrique qui logent la transmission dans le bloc : plus de dérailleur, jusqu'à 1 500 W et 150 Nm.

Gobao supprime le dérailleur et loge la transmission dans son moteur

EN BREF

Gobao, un fabricant chinois de moteurs encore discret en Europe mais déjà fournisseur d’Aventon et de Hepha, a dévoilé à Eurobike deux blocs pour VTT électrique, les X1 et X1P. Leur particularité tient moins à la puissance qu’à l’architecture : la transmission à variation continue est logée dans le moteur, ce qui supprime le dérailleur — et même la chaîne, remplacée par une courroie. Le X1P revendique 1 500 W et 150 Nm en pic, au niveau du DJI Avinox M2S ; le X1 vise 1 200 W et 120 Nm. La production série n’est annoncée que pour début 2027, et aucun vélo équipé n’a encore été montré.


ModèlesGobao X1 / X1P
Puissance nominale250 W (homologation européenne)
Puissance de pic1 200 W (X1) · 1 500 W (X1P)
Couple maxi120 Nm (X1) · 150 Nm (X1P)
Plage de développement400 % (X1) · 500 % (X1P)
TransmissioneCVT à variation continue, intégrée au moteur
Entraînementcourroie, sans dérailleur ni cassette
Poids du moteur3,85 kg
Batteries500, 750 et 900 Wh
Recharge 0–80 %24 / 28 / 32 min selon la capacité (chargeur 1,5 kW)
Disponibilitéproduction série annoncée pour début 2027

Sur les nouveaux moteurs de Gobao, il n’y a plus de vitesses à passer. Le cycliste choisit sa cadence ; une transmission automatique, logée à l’intérieur du moteur, se charge du reste. Avec ses blocs X1 et X1P, dévoilés à Eurobike, le fabricant chinois fait l’impasse sur le dérailleur et confie l’entraînement de la roue arrière à une courroie.

Le nom est encore peu connu de ce côté du globe. Gobao reste discret en Europe, mais il fournit déjà des moteurs à des marques comme Aventon ou Hepha, et équipe plusieurs grands constructeurs asiatiques. Avec les X1 et X1P, il ne cherche pas seulement à gonfler les watts : il propose une autre manière de transmettre la force à la roue.


Une transmission qui se passe de dérailleur

Tout tient dans un sigle : eCVT, pour transmission électronique à variation continue. Il n’y a plus de rapports à sélectionner. Le pilote règle la cadence de pédalage qui lui convient, et le système ajuste en continu la démultiplication pour la conserver, que la pente se redresse ou s’aplanisse. Un logiciel lit en temps réel la cadence, le couple, la vitesse et l’inclinaison, puis adapte le rapport en conséquence.

L’idée n’est pas tout à fait neuve. Elle évoque les moyeux à variation continue d’Enviolo, ou la mécanique de la Toyota Prius, qui a banalisé ce type de transmission dans l’automobile. Elle reprend surtout l’approche d’Owuru, le moteur automatique poussé par Decathlon, qui revendique une amplitude équivalente à douze vitesses sans le moindre changement de rapport. Là où Pinion (avec sa MGU) ou Valeo (avec Cyclee) glissent une vraie boîte à rapports étagés dans le moteur, Gobao et Owuru misent sur la variation continue.

Sur le papier, deux bénéfices. Le moteur tourne en permanence dans sa plage de rendement idéale. Et le couple maximal reste disponible à chaque instant, y compris au redémarrage dans une rampe sévère, là où passer une vitesse se fait parfois dans la douleur. Gobao a pensé ses blocs pour une courroie Gates plutôt qu’une chaîne — de quoi promettre un entretien réduit, à condition que le cadre soit conçu pour.

1 500 watts en pic, au niveau de l’Avinox M2S

Les chiffres, eux, rangent d’emblée Gobao parmi les motorisations les plus musclées. Le X1 annonce jusqu’à 1 200 W et 120 Nm ; le X1P grimpe à 1 500 W et 150 Nm, soit exactement les valeurs du DJI Avinox M2S en mode Boost. Une nuance s’impose : ce sont des pics. Comme l’Avinox, les Gobao restent homologués à 250 W de puissance nominale, le plafond légal d’un vélo à assistance électrique en Europe.

Pour saisir le bond accompli, il faut se souvenir que Bosch, Shimano ou Brose ont longtemps buté autour de 85 à 90 Nm — le Bosch Performance Line CX, pilier du VTT électrique, plafonne à 85 Nm. En deux ans, le DJI Avinox puis les Avinox M2 et M2S ont propulsé la barre à 150 Nm et entraîné tout le secteur dans leur sillage. Gobao se cale sur ce nouveau standard.

Le poids, contrepartie de l’intégration

Tout réunir dans un seul carter se paie sur la balance. Les X1 et X1P pèsent 3,85 kg, contre 2,6 kg pour un moteur Avinox. La comparaison, pourtant, trompe : l’Avinox n’embarque pas la transmission. Une fois ajoutés une cassette et un dérailleur, un ensemble M2S s’approche de 3,5 kg, et l’écart fond.

Face à une vraie boîte de vitesses intégrée, Gobao fait même mieux : le Pinion MGU 1.12 affiche 4,14 kg. En échange, ce dernier offre 600 % de plage de développement, contre 500 % pour le X1P (et 400 % pour le X1). Plus compact, donc, mais avec une amplitude un peu plus courte.

Des batteries qui se rechargent en moins d’une demi-heure

L’autre volet de l’annonce concerne les batteries, et c’est sans doute là que Gobao surprend le plus. Couplées à son chargeur maison de 1,5 kW, elles passeraient de 0 à 80 % en 24 minutes pour la version 500 Wh, 28 minutes pour la 750 Wh et 32 minutes pour la 900 Wh.

Le chargeur haute puissance Gobao EC-521FEU de 1,5 kW
Le chargeur EC-521FEU délivre 1,5 kW. Photo : Gobao

L’ordre de grandeur détonne. Une batterie Bosch de capacité comparable réclame entre 2 h 30 et 3 h pour le même niveau ; l’Avinox de 800 Wh annonce 1 h 45. Gobao met aussi en avant la densité de ses accus : sa 900 Wh ne pèserait que 3,7 kg, soit un cheveu de moins que l’Avinox de 800 Wh (3,74 kg). De quoi rapprocher la recharge d’un vélo de celle d’une voiture électrique, où une pause courte suffit à regagner de l’autonomie.

Reste à passer du salon au sentier

Techniquement, l’objet impressionne. Mais Gobao part avec un handicap : il n’a, pour l’instant, ni vélo ni partenaire à présenter avec ces moteurs, et la production série n’est attendue que pour début 2027. D’ici là, la gestion de la chaleur, la fiabilité dans la durée et la finesse du logiciel — ce qui sépare une bonne idée d’un bon produit — restent à éprouver sur le terrain.

Le calendrier place surtout Gobao dans la roue d’Owuru. Decathlon visait une première commercialisation d’ici fin 2026, dans un VTT électrique Rockrider, et compte sortir son moteur automatique de son seul catalogue. Pendant ce temps, Avinox creuse l’écart à coups de partenariats : des dizaines de marques, des centaines de vélos annoncés. Gobao débarque avec une architecture séduisante et un argument de recharge difficile à balayer. Il lui manque encore l’essentiel : un vélo à faire rouler.

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