EN BREF
Après la mort de Finlay Tarling, coureur britannique de 19 ans tué lors de la huitième étape de la Volta a Portugal, le syndicat international des coureurs demande que les normes de casque soient revues. Son président Adam Hansen a déclaré à BBC Sport que les casques « ont besoin d’une mise à niveau majeure » : la norme européenne CE EN 1078, selon lui éprouvée seulement jusqu’à 19,5 km/h, ne suffit pas pour la course sur route. La gendarmerie portugaise, qui a ouvert une enquête, indique que le conducteur du fourgon est entré par une voie d’accès secondaire.
Selon les référentiels publics de la norme EN 1078, un casque homologué en Europe est testé pour un choc équivalant à une chute à faible vitesse : un niveau calibré sur le cycliste du quotidien, pas sur un peloton.
« Les casques ont besoin d’une mise à niveau majeure »
Adam Hansen, ancien professionnel devenu président de la CPA — le syndicat du peloton —, s’est exprimé auprès de BBC Sport.
Sa critique vise une norme précise : « Ils ont besoin d’une mise à niveau majeure. Les casques de vélo doivent seulement satisfaire à des tests standards comme tous les casques ; la norme européenne CE EN 1078 n’est éprouvée que pour 19,5 km/h et je ne crois pas que ce soit suffisant pour la course sur route. »
Cette lecture est celle de Hansen : EN 1078 est un document normatif payant, et VeloDisco s’en tient à son attribution.
Auprès du magazine américain Velo, Hansen a désigné sa cible : il appelle l’UCI à revoir d’urgence ses normes de casque et veut porter le sujet devant SafeR, son groupe de travail sécurité. « Les coureurs vont bien plus vite que les gens qui vont au travail à vélo. Le risque est tellement plus élevé », y résume-t-il.

Ce que dit l’enquête portugaise
Finlay Tarling, 19 ans, courait pour l’équipe de développement NSN. Il a été tué vendredi, sur la huitième étape.
La Garde nationale républicaine (GNR), qui a ouvert une enquête, a livré des éléments sur le déroulé. Comme beaucoup de courses, la Volta a Portugal fonctionne avec une fermeture de route dite roulante, tenue par des agents et des signaleurs bénévoles : une fois le convoi passé, la route peut rouvrir.
Elle a aussi décrit la configuration de la course à cet instant : le peloton était scindé en trois groupes, et Tarling faisait partie de trois coureurs décrochés, dans une descente. Le dispositif placé à l’arrière — une voiture et deux motos — s’adaptait à cette configuration ; l’escorte, selon le colonel Canatario, « n’a pas pu suivre Tarling ».
Selon le colonel Carlos Canatario, le conducteur du fourgon est entré sur le parcours par une voie d’accès, après avoir attendu à la fermeture. « Nous savons qu’il s’est arrêté à la voie d’accès, qu’il a vu le peloton passer, qu’il a attendu un moment et qu’il a demandé à des passants si la course était terminée. Ceux-ci lui auraient dit que les derniers coureurs étaient passés et qu’il pouvait rouler », rapporte l’officier.
La GNR explique aussi les limites du dispositif : « Il est impossible de poster un agent à chaque point d’accès du parcours. » La priorité, précise-t-elle, « est donnée aux points d’accès où le risque que des véhicules et des personnes entrent sur le parcours est le plus élevé ». « Ce point était un accès secondaire, sans agents, mais avec une signalisation. »
Sur la collision, Canatario décrit une trajectoire classique : « Le véhicule circulait en sens inverse de la course. Le cycliste coupait la courbe sur la voie de gauche — comme le font naturellement les coureurs — et c’est ce qui a provoqué la collision. »
Un trou dans le système, selon la CPA
Hansen ne s’en tient pas aux casques ; il pointe aussi le dispositif de fermeture : « L’organisation est [en général] très bonne, mais ce qui s’est passé est une sorte de trou dans le système. »
Il concède que tout verrouiller est hors de portée : « Fermer chaque route et chaque accès est difficile, et cela revient à savoir quel risque les organisateurs veulent prendre. »
Selon road.cc, plusieurs coureurs de la Volta a Portugal ont affirmé avoir croisé des véhicules du public sur le parcours ce jour-là.
La CPA a réagi par un communiqué en se disant « sans voix et remplie de colère » : c’est, dit-elle, un coureur de plus mort en course professionnelle. Selon BBC Sport, six coureurs sont morts en course sur route ces trois dernières années. Pour le syndicat, la question des casques et celle de la sécurisation des parcours relèvent du même dossier.



