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Casque obligatoire à Reims : l’arrêté que le maire doit déjà réécrire

Reims a rendu le casque et le gilet obligatoires à vélo et trottinette électriques. Mais l'arrêté, mal rédigé, épargne finalement les vélos électriques.

Casque obligatoire à Reims : l’arrêté que le maire doit déjà réécrire

EN BREF

Depuis un arrêté municipal du 26 juin 2026, le casque et le gilet réfléchissant sont obligatoires à vélo et en trottinette électriques à Reims, sous peine d’une amende de 35 euros. Problème : le texte est mal rédigé. Le maire, Arnaud Robinet, a précisé depuis que les vélos à assistance électrique classiques n’étaient pas concernés — seulement les engins qui roulent sans pédaler, jusqu’à 50 km/h — et que l’arrêté allait être réécrit. L’association cycliste rémoise Vél’Oxygène, elle, juge l’obligation inefficace et réclame plutôt des aménagements.


À Reims, le casque est devenu obligatoire à vélo et en trottinette électriques. La décision, prise par arrêté municipal fin juin, avait tout d’une mesure claire. Sauf qu’en voulant instaurer le casque obligatoire à Reims, la mairie a produit un texte si imprécis que le maire a dû, dans la foulée de sa révélation par la presse, en corriger lui-même la portée.


Casque et gilet jaune, sous peine de 35 euros

Tout part d’un arrêté signé le vendredi 26 juin 2026 par la Ville de Reims, révélé par la presse à la mi-juillet. Il impose le port du casque et d’un gilet rétroréfléchissant — le fameux « gilet jaune » — à toute personne circulant à vélo électrique ou en trottinette électrique, de jour comme de nuit. Les polices nationale et municipale sont chargées de faire respecter la règle, assortie d’une amende de 35 euros.

La mesure va nettement plus loin que la loi nationale, qui n’impose le casque qu’aux enfants de moins de 12 ans, et le gilet seulement hors agglomération quand la visibilité est mauvaise. Arnaud Robinet, maire (Horizons) de Reims, assume vouloir serrer la vis au nom de la sécurité routière.

Une rue de Reims, ville où le casque est obligatoire à vélo et trottinette électriques
La rue de Vesle, à Reims. Photo d’illustration — MerveillePédia / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Un casque obligatoire, mais pas pour les vélos électriques

Sauf que le texte a semé la confusion. Interrogé après sa publication, Arnaud Robinet a reconnu une erreur de rédaction : le casque n’est en réalité pas obligatoire pour les vélos à assistance électrique classiques. « C’est de l’assistance électrique, vous avez besoin de pédaler », a expliqué le maire. Sont donc épargnés les VAE du commerce comme les vélos électriques en libre-service ZébullO de l’agglomération.

Ce que vise vraiment l’arrêté, ce sont les engins à propulsion électrique qui avancent sans pédaler, jusqu’à une cinquantaine de kilomètres par heure — trottinettes rapides et deux-roues assimilés. « L’arrêté était peut-être mal rédigé, il va être reprécisé », a concédé l’édile. Une nouvelle version doit distinguer clairement les deux familles d’engins.

Pour Vél’Oxygène, « ce n’est pas la solution efficace »

L’association cycliste rémoise Vél’Oxygène n’a pas attendu la correction pour dire son opposition. Elle ne conteste pas l’intérêt du casque, mais l’idée d’en faire une obligation. « On comprend bien que la ville veut agir sur le nombre d’accidents, c’est une très bonne chose, mais ce n’est pas la solution efficace », résume Damien Malezet, chargé des relations avec la presse de l’association.

Son argument : ailleurs, l’obligation a surtout fait reculer la pratique. « En Australie, ils ont rendu le casque obligatoire, et ça a baissé le nombre de cyclistes de 30 à 40 %, sans baisser le nombre d’accidents », avance-t-il, en plaidant plutôt pour des mesures incitatives et le développement des infrastructures cyclables. Il cite aussi les Pays-Bas, où l’on pédale beaucoup, sans casque, pour bien moins de morts sur la route qu’en France. En lien avec la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), l’association n’exclut pas de contester l’arrêté.

En attendant sa réécriture, la première mouture de l’arrêté rémois aura surtout rappelé une chose : légiférer sur le casque, même à l’échelle d’une ville, est tout sauf simple.

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