EN BREF
Selon le premier rapport public des curateurs néerlandais, publié le 22 septembre, six semaines après la faillite d’Accell, 60 candidats ont déposé une offre non engageante pour reprendre une ou plusieurs marques du groupe, qui détient Batavus, Koga, Babboe, Lapierre ou Raleigh. Les 344 salariés néerlandais ont été licenciés, mais 65 d’entre eux se sont vu proposer un contrat de deux mois pour écouler un stock de 47,8 millions d’euros de vélos et 38,6 millions d’euros de pièces et accessoires en valeur comptable, selon le rapport. D’après Bike Europe, Quanta Capital et DuTech restent sur les rangs.
| Faillite | 11 août 2026, tribunal d’Amsterdam |
| Curateurs | Thijs Hekman et Erik Schuurs |
| Repreneurs approchés | plus de 300 |
| Entrés en data room | 103 (droit d’entrée remboursable de 20 000 €) |
| Offres non engageantes | 60, au 31 août 2026 |
| Salariés licenciés / rappelés | 344 / 65 (contrat de deux mois proposé) |
| Stock à la faillite (valeur comptable) | 47,8 M€ de vélos, 38,6 M€ de pièces et accessoires |
| Créanciers chirographaires déclarés | 434, pour 38 463 486 € |
| Prochain rapport | 22 décembre 2026 |
Le dossier Accell change de phase. Le groupe néerlandais, déclaré en faillite le 11 août par le tribunal d’Amsterdam, attire des dizaines de repreneurs potentiels : selon le premier rapport public des curateurs, daté du 22 septembre, 60 candidats ont remis une offre non engageante avant la date limite du 31 août.
Accell : 60 offres, d’une marque isolée à des groupes entiers
La vente est menée avec le cabinet FTI Consulting comme conseil, indique le rapport. Plus de 300 acheteurs potentiels ont reçu une présentation du groupe. Parmi eux, 103 ont signé la lettre de procédure et versé un droit d’entrée remboursable de 20 000 euros pour accéder à la data room, précisent les curateurs.
Les 60 offres reçues vont, selon le rapport, d’une marque isolée à des groupes de marques accompagnés de leurs stocks et de leur activité. Selon le rapport, les curateurs négocient avec les auteurs des offres les plus intéressantes et sont encore en discussion avec plusieurs parties sur différentes combinaisons d’actifs. Ils rappellent que les fonds prêteurs du crédit senior de 288 millions d’euros, qui détiennent un gage sur les marques, se réservent le droit de faire leur propre offre par compensation de créance (un « credit bid ») si les offres ne leur conviennent pas.
Le rapport ne dit rien de l’identité des candidats. Selon Bike Europe, l’investisseur irlandais Quanta Capital s’est déjà dit intéressé, et DuTech Holdings, qui a investi dans plusieurs autres marques de vélo, mène des discussions sérieuses avec les curateurs. Le groupe singapourien avait obtenu cet été le feu vert allemand pour son rachat d’Accell, avant la faillite.
65 salariés rappelés pour vendre le stock
Côté social, les curateurs ont résilié par courrier du 13 août les contrats des 344 salariés des sociétés néerlandaises : trois chez Accell Group, 110 chez Accell Global et 231 chez Accell Nederland, selon NieuwsFiets, qui reprend le rapport. Avec l’accord des juges-commissaires et en concertation avec les banques, 65 anciens salariés se sont vu proposer un contrat temporaire de deux mois pour poursuivre la vente des vélos, pièces et accessoires.
Cette liquidation contrôlée, baptisée « Trade Out » dans le rapport, passe par le canal de vente habituel d’Accell et sa plateforme informatique destinée aux revendeurs, et non par une vente publique. D’après Bike Europe, le pool bancaire du crédit de 110 millions d’euros, où figurent les grandes banques néerlandaises et Deutsche Bank, a accepté que le stock gagé se vende normalement pour que l’activité continue. À la date de la faillite, ce stock valait en comptabilité 47,8 millions d’euros de vélos, surtout chez des prestataires logistiques, et 38,6 millions d’euros de pièces et accessoires, stockés principalement à Apeldoorn, selon NieuwsFiets.

Des fournisseurs qui réclament leurs marchandises
L’écoulement du stock se heurte à un obstacle : environ 60 fournisseurs se sont manifestés auprès des curateurs pour faire valoir une clause de réserve de propriété, selon le rapport. Les meubles et équipements du site d’Ede partent, eux, aux enchères en ligne, le site devant être rendu au plus tard le 30 septembre 2026, indique le rapport.
Dans les sept faillites, 434 créanciers chirographaires ont déclaré à ce stade des créances pour un total de 38 463 486 euros, selon le rapport. Le fisc néerlandais détient en outre une créance privilégiée de 9 454 592 euros, selon le rapport, qui au 22 septembre ne chiffrait pas encore les dettes de la masse. La période de gel des poursuites décidée par le tribunal court jusqu’au 11 octobre 2026, précise le rapport, et le prochain point des curateurs est attendu le 22 décembre 2026, selon NieuwsFiets.



