EN BREF
Un concept de piste cyclable couverte de panneaux solaires a été présenté le 24 août à Erfurt, lors de la deuxième conférence thuringeoise sur la mobilité. Le chiffrage prévoit, par kilomètre, environ 9 000 m² de surface productive et une puissance crête de 1,71 MWc, pour un investissement estimé à 4,76 millions d’euros — et plus de 20 millions d’euros de recettes sur quarante ans d’exploitation, électricité et chaleur confondues. Un tronçon d’essai de 400 mètres est proposé à Bad Blankenburg, suivi de façon indépendante comme laboratoire en conditions réelles. La couverture doit aussi protéger de la pluie, réduire le déneigement hivernal et porter l’éclairage.
| Présentation | 24 août 2026, 2ᵉ conférence thuringeoise sur la mobilité, Erfurt |
| Surface active | environ 9 000 m² par kilomètre |
| Puissance crête | environ 1,71 MWc par kilomètre |
| Investissement | environ 4,76 millions d’euros par kilomètre |
| Recettes projetées | plus de 20 millions d’euros par kilomètre sur 40 ans (électricité et chaleur) |
| Tronçon pilote | 400 mètres à Bad Blankenburg (Thuringe) |
| Auteurs du chiffrage | Manfred Josef Hampel (Institut für Nachhaltigkeit) et Hannes Neupert (ADFC Thuringe) |
| Cadre | projet Interreg CleanMobilEnergy, première présentation en décembre 2023 |
Et si la piste cyclable, au lieu de coûter de l’argent, en rapportait ? La question a été posée le 24 août à Erfurt, chiffres à l’appui, devant la deuxième conférence thuringeoise sur la mobilité. La réponse tient dans un toit de panneaux solaires au-dessus de la bande cyclable.
Une piste cyclable solaire qui produit électricité et chaleur
Le magazine professionnel allemand RadMarkt rapporte que, « lors de la 2ᵉ conférence thuringeoise sur la mobilité, le 24 août 2026 à Erfurt, un concept de pistes cyclables couvertes de panneaux solaires a été présenté ». Le principe décrit par le magazine tient dans le mot qu’il emploie, « solarüberdachte » : des pistes cyclables couvertes de solaire, avec une toiture photovoltaïque bâtie au-dessus du chemin.
Le dimensionnement est précis. « Pour un kilomètre de piste cyclable solaire, le concept prévoit environ 9 000 m² de surface énergétique active, une puissance électrique de pointe d’environ 1,71 MWc, ainsi que l’exploitation supplémentaire de la chaleur produite », écrit RadMarkt. C’est ce dernier point qui distingue le projet : selon le concept, la chaleur produite peut être injectée directement dans un réseau voisin.

4,76 millions d’euros le kilomètre, 20 millions de recettes sur quarante ans
Le chiffrage économique est le cœur de la présentation. « Les coûts d’investissement par kilomètre de piste cyclable solaire s’élèvent à environ 4,76 millions d’euros. Sur 40 ans d’exploitation, les recettes tirées de la vente d’électricité et de chaleur peuvent atteindre plus de 20 millions d’euros par kilomètre », rapporte RadMarkt. Soit, sur le papier, un rapport de plus de quatre pour un.
Ces calculs, précise le magazine, ont été établis par Manfred Josef Hampel, de l’Institut für Nachhaltigkeit, et Hannes Neupert, de l’ADFC Thuringe — la fédération allemande des cyclistes —, dans le cadre du projet européen Interreg CleanMobilEnergy, et présentés pour la première fois en décembre 2023, puis retravaillés dans le cadre du réseau thuringeois de la mobilité, précise le magazine.
Un toit qui sert aussi au cycliste
Le bénéfice annoncé est aussi celui de l’usager, et c’est ce qui rend le projet intéressant à hauteur de guidon. Selon RadMarkt, « la couverture équipée de modules solaires protège du soleil et des précipitations, peut faire en sorte qu’il n’y ait pas de déneigement à effectuer en hiver, et permet un éclairage intégré et adapté aux besoins ». Trois arguments qui pèsent lourd sur un trajet domicile-travail hivernal.
Ernst Brust, expert assermenté en micromobilité cité par le magazine, résume ainsi l’enjeu — nous traduisons de l’allemand : « La piste cyclable solaire est plus qu’une piste cyclable avec du photovoltaïque. Ici, mobilité, production d’énergie et protection contre les intempéries peuvent être reliées en une nouvelle infrastructure pour les vélos, les pedelecs et les vélos-cargos. Mais l’essentiel est que la sécurité routière et la rentabilité soient démontrées dans la pratique. »
400 mètres pour vérifier
Reste à démontrer que le tableau tient hors du tableur. RadMarkt comme le communiqué de l’ADFC Thuringe indiquent les mêmes inconnues à mesurer sur place : rendement énergétique, rentabilité, exploitation hivernale et sécurité routière. C’est l’objet du tronçon pilote : « Un tronçon de 400 mètres de long à Bad Blankenburg sert de premier parcours d’essai, comme laboratoire réel suivi de façon indépendante », écrit Hannes Neupert, président du groupe technique de l’ADFC Thuringe et co-auteur du chiffrage, dans un communiqué diffusé par le site allemand VeloTOTAL. Le choix du site n’est pas anodin — « le tracé de la piste cyclable est déjà concrètement planifié et un réseau de chaleur se trouve à proximité immédiate », précise le même communiqué, ce qui permet de tester la valorisation thermique sans construire un réseau exprès.
Le compte rendu de RadMarkt comme le communiqué de l’ADFC Thuringe restent muets sur le calendrier des travaux et sur le financement de ce tronçon. À ce stade, la piste cyclable solaire de Thuringe reste un concept chiffré doublé d’un projet pilote.



