EN BREF
Selon ici.fr, le tribunal de commerce de Dijon a placé Cycles Lapierre en redressement judiciaire le mardi 25 août, avec une première période d’observation de six mois et la nomination d’un administrateur judiciaire. C’est ce que la marque était venue demander : la procédure gèle les dettes, maintient l’activité et ouvre la fenêtre pendant laquelle un repreneur peut se manifester. Le fabricant dijonnais, fondé en 1946, emploie 106 personnes dans la métropole. Dans un communiqué diffusé en début d’après-midi, selon ici.fr, son directeur général William Perrier prévient que la décision « ne signifie pas que nous sommes sauvés ».
Début août, Cycles Lapierre demandait au tribunal de commerce de Dijon son placement en redressement judiciaire. L’audience a eu lieu et la décision est tombée : elle est conforme à ce que l’entreprise sollicitait.
Lapierre en redressement judiciaire : six mois d’observation
« La nouvelle a été annoncée aux salariés après l’audience au tribunal de commerce de Dijon, ce mardi 25 août : les cycles Lapierre sont placés en redressement judiciaire, avec une première période d’observation de six mois », rapporte ici.fr. Un administrateur judiciaire est nommé, et l’entreprise continue de fonctionner pendant cette période, le temps de chercher un investisseur.
Le calendrier décrit par ici.fr comporte une étape plus rapprochée. Selon le média régional, « au cours des deux mois suivants, l’entreprise devra démontrer au tribunal de commerce qu’elle a les capacités de continuer à financer son activité ». Autrement dit, le délai obtenu ce mardi est d’abord un délai pour prouver qu’on peut tenir.

« Nous pouvons agir »
William Perrier, directeur général de Lapierre, a résumé la portée de la décision dans un communiqué diffusé en début d’après-midi, rapporte ici.fr : « La décision du Tribunal nous donne exactement ce que nous étions venus demander : la possibilité et le temps de nous battre. » Il a immédiatement ajouté la nuance qui compte : « Elle ne signifie pas que nous sommes sauvés, mais elle signifie que nous pouvons agir. »
La marque est installée à Dijon depuis plus de quatre-vingts ans et emploie aujourd’hui 106 personnes dans la métropole. Selon presseagence.fr, « la procédure de redressement judiciaire ne suspend pas les contrats de travail. Les salariés conservent leur poste ». Elle dispose d’un site industriel historique et d’un bureau d’études sur place. Selon ici.fr, l’entreprise est confrontée à des problèmes de trésorerie, « notamment en raison des difficultés de son principal actionnaire, le néerlandais Accell ».
Des comptes en amélioration, mais toujours dans le rouge
Les éléments chiffrés communiqués par l’entreprise, relayés par presseagence.fr, décrivent une trajectoire de redressement engagée avant l’audience. Le chiffre d’affaires 2025 s’établit à 99,1 millions d’euros, et « la perte d’exploitation a été significativement réduite, passant de 46,3 millions d’euros en 2024 à 27,2 millions en 2025, soit une amélioration de plus de 41 % en un an ». La perte reste donc considérable au regard du chiffre d’affaires.
Ce que Lapierre met dans la balance face à un repreneur, toujours selon la même source : le site de Dijon, « une unité d’assemblage, des compétences reconnues en R&D et un réseau commercial de plus de 800 revendeurs en France et à l’international ». L’entreprise avance aussi un marché encore substantiel — « le marché du cycle, bien qu’en correction, pèse encore 3,11 milliards d’euros en France » — et un segment gravel en hausse de 18 %.
Avant l’audience, William Perrier avait indiqué à ici.fr avoir reçu « une vingtaine de manifestation d’intérêt » depuis l’annonce de la demande ; l’enjeu est désormais de les concrétiser. Reste la question ouverte à ce stade de la procédure : qui reprendra une marque dont la perte d’exploitation s’élevait encore à 27,2 millions d’euros en 2025, dans un marché que l’entreprise elle-même décrit en correction ? La réponse conditionne les six mois qui viennent.



