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Cycles Lapierre demande son redressement judiciaire à Dijon et cherche un investisseur

Cycles Lapierre a demandé son redressement judiciaire devant le tribunal de commerce de Dijon. Audience prévue le 25 août, 106 emplois en jeu.

Cycles Lapierre demande son redressement judiciaire à Dijon et cherche un investisseur

EN BREF

Cycles Lapierre a demandé le 5 août 2026 l’ouverture d’un redressement judiciaire devant le tribunal de commerce de Dijon, où la marque est née en 1946. L’audience est prévue le 25 août. L’entreprise, qui emploie 106 personnes et a réalisé 99,1 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, dit chercher un investisseur industriel ou financier pour poursuivre son activité, préserver son ancrage dijonnais et le maximum de ses emplois. Son directeur général William Perrier résume la démarche ainsi : « Nous ne déposons pas cette demande pour renoncer. Nous la déposons pour nous donner les moyens de nous battre. » La demande intervient le jour même où sa maison mère, le néerlandais Accell Group, obtenait un sursis de paiement.

Mise à jour du 13 août 2026. Cet article décrit la situation au 5 août. Depuis, le tribunal d’Amsterdam a déclaré Accell Group en faillite, le mardi 11 août, en révoquant le sursis de paiement accordé une semaine plus tôt. Six sociétés néerlandaises du groupe sont visées. L’audience de Cycles Lapierre devant le tribunal de commerce de Dijon, elle, reste fixée au 25 août. Lire notre article sur la faillite d’Accell.


Quatre-vingts ans d’histoire dijonnaise, 106 salariés, plus de 800 revendeurs : Cycles Lapierre a déposé le 5 août 2026 une demande d’ouverture de redressement judiciaire devant le tribunal de commerce de Dijon. Le même jour, aux Pays-Bas, sa maison mère Accell Group annonçait avoir obtenu un sursis de paiement. Les deux mouvements sont liés, et pourtant chacun suit sa propre logique.


Un redressement judiciaire pour se donner du temps

La distinction est essentielle : il ne s’agit pas d’une demande de liquidation. Selon le communiqué de l’entreprise, l’objectif est de gagner du temps pour trouver un investisseur et préserver l’activité. Si le tribunal ouvre la procédure — l’audience est prévue le 25 août 2026 —, Lapierre entrerait dans une période d’observation pendant laquelle elle continuerait de produire et de vendre, en consolidant son plan de redressement.

Le directeur général de la marque, William Perrier, l’a formulé sans détour : « Nous ne déposons pas cette demande pour renoncer. Nous la déposons pour nous donner les moyens de nous battre. » La recherche d’un investisseur industriel ou financier est engagée, avec un triple objectif affiché : l’activité, l’ancrage dijonnais et le maximum des 106 emplois. « La priorité est de construire un plan de continuation permettant à Lapierre de retrouver sa pleine autonomie commerciale, opérationnelle et financière », écrit l’entreprise.

Detail du cadre et de la fourche d'un Lapierre Xelius DRS sur la route
Photo Lapierre

Une entreprise qui se redressait, une maison mère qui coulait

Le paradoxe est cruel. Lapierre affirme avoir fait le gros du travail d’assainissement : selon l’entreprise, les stocks de produits finis ont reculé de près de 47 % entre fin 2023 et fin 2024, et les pertes opérationnelles de 41 % entre 2024 et 2025, le début de 2026 faisant apparaître des premiers signes d’amélioration opérationnelle, notamment sur les marges. Le communiqué ajoute toutefois : « Ces progrès ne suffisent pas encore à restaurer la trésorerie, mais ils montrent que le redressement opérationnel a commencé. » Ces chiffres émanent de la société elle-même, dans un communiqué qui s’adresse aussi à d’éventuels repreneurs.

Le communiqué décrit d’abord une entreprise « durement touchée par le retournement du marché du vélo après les années Covid » — baisse des volumes, stocks trop importants dans l’ensemble du secteur, multiplication des promotions et forte pression sur les marges — avant de mettre en cause la perte du soutien financier de la maison mère Accell Group. Or Accell est précisément le groupe qui, le 5 août, a engagé une procédure d’insolvabilité aux Pays-Bas et obtenu un sursis de paiement. Le groupe de Heerenveen rassemble Raleigh, Haibike, Winora, Ghost, Batavus, Koga, Sparta, Babboe, Carqon, l’équipementier XLC — et Lapierre.

Ce que Lapierre représente en France

Fondée à Dijon en 1946, la marque a traversé les grandes mutations du vélo, du cadre acier soudé à la main au VTT tout-suspendu et au vélo à assistance électrique. Elle s’appuie aujourd’hui sur un réseau de plus de 800 revendeurs — un maillage qui pèse lourd dans la balance au moment de convaincre un repreneur — et sur un chiffre d’affaires de 99,1 millions d’euros en 2025.

La suite se jouera devant le tribunal de commerce de Dijon le 25 août. D’ici là, la question posée à la filière française est simple : y a-t-il, en France ou en Europe, un industriel capable de reprendre une marque de vélo à 99,1 millions d’euros de chiffre d’affaires, au moment précis où le secteur enchaîne les défaillances ?

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