EN BREF
Trek a lancé le 13 août la cinquième génération de son Domane, et elle abandonne l’IsoSpeed, ce découpleur mécanique qui amortissait les vibrations et accompagnait le vélo d’endurance de la marque depuis 2012. À la place, un drapé carbone retravaillé, une tige de selle ronde de 27,2 mm dessinée pour fléchir et des pneus plus larges. La marque annonce un kit cadre allégé de 305 g, un cadre nu de 835 g en taille ML et une fourche de 367 g, contre environ 1 055 g et 430 g auparavant. Le Domane accepte désormais des pneus jusqu’à 40 mm, avec du 35 mm monté d’origine, mais perd la trappe de rangement de son tube diagonal.
| Cadre Domane SLR (nu, taille ML) | 835 g |
| Fourche | 367 g |
| Gain au kit cadre | jusqu’à 305 g |
| Vélo complet le plus léger | 6,63 kg (SLR 9 AXS 1x, pneus 28 mm) |
| Garde au pneu | jusqu’à 40 mm (35 mm d’origine) |
| Tige de selle | ronde, 27,2 mm |
| Prix gamme carbone (Royaume-Uni) | à partir de 2 500 £ |
| Prix Domane SLR (Royaume-Uni) | de 6 300 £ à 9 000 £ |
| Prix France (site Trek) | SL 5 : 2 499 € · SLR 7 : 6 999 € · SLR 9 AXS : 10 499 € |
| Série limitée Project One ICON No. 76 | 11 250 £ / 12 999 €, 124 exemplaires |
Il y a des technologies qu’une marque défend pendant quatorze ans, puis retire. L’IsoSpeed de Trek était de celles-là. road.cc le décrit comme « une technologie de découpleur mécanique conçue pour atténuer les vibrations des routes dégradées » ; concrètement, selon Cyclingnews, le système « séparait le tube de selle du tube supérieur à la jonction des tubes », roulements à l’appui. Il équipait le Domane depuis la naissance du modèle, en 2012. La cinquième génération, présentée le 13 août, s’en passe.
Trek Domane : ce que la marque a retiré
Le constat est net : « IsoSpeed a maintenant disparu de la gamme Domane, remplacé par un nouveau drapé carbone, une tige de selle revue conçue pour fléchir, et des pneus plus larges », écrit road.cc. La trappe de rangement aménagée dans le tube diagonal disparaît elle aussi — Cyclingnews le confirme de son côté.
Le calcul est celui d’un vélo plus simple. Moins de pièces mécaniques à la jonction des tubes, c’est aussi moins de roulements à remplacer. Et c’est du poids en moins : Trek annonce un cadre nu de 835 g en taille ML et une fourche de 367 g, là où la quatrième génération pesait environ 1 055 g et 430 g. Soit les 305 g de gain revendiqués au kit cadre.
Pour le reste de la gamme, la marque avance des vélos complets à partir de 6,63 kg et une entrée en carbone à 2 500 £. Les Domane SLR complets s’échelonnent de 6 300 £ pour le SLR 7 à 9 000 £ pour les SLR 9 AXS et SLR 9 AXS 1x, auxquels s’ajoute une série limitée Project One ICON No. 76 à 11 250 £, tirée à 124 exemplaires dans le monde. Cette entrée de gamme est en baisse : road.cc relève que le Domane SL 5 de la génération précédente était affiché à 2 800 £. Trek a par ailleurs publié sa grille en euros : sur son site français, le Domane SL 5 est affiché à 2 499 €, le SLR 7 à 6 999 € et le SLR 9 AXS à 10 499 €.
Le confort du Domane sans découpleur
Reste la vraie question : un vélo d’endurance qui perd son système de confort reste-t-il confortable ? Trek répond par trois leviers — « un drapé carbone optimisé pour la souplesse verticale », une tige de selle ronde de 27,2 mm, comme au bon vieux temps, et davantage de volume de pneu.

C’est ce dernier point qui fait le gros du travail. Le Domane est passé du 25 mm de 2012 au 32 mm de la quatrième génération, puis au 35 mm monté d’origine sur celle-ci, avec de la place pour du 40 mm. « Le Domane a désormais de la garde pour des pneus jusqu’à 40 mm, ce qui donne aux cyclistes plus de volume pour le confort, l’adhérence et la confiance, du bitume neuf aux routes dégradées et au gravel léger », avance la marque.
Trek chiffre le résultat : le nouveau Domane resterait « à moins de 5 % de la performance en énergie vibratoire de la génération précédente ». Il faut lire cette mesure pour ce qu’elle est. Elle vient de la marque, pas d’un test indépendant. Cyclingnews précise le périmètre : la mesure est faite « avec les pneus d’origine », et compare « un pneu de 32 mm sur le vélo précédent avec IsoSpeed et un 35 mm sur le nouveau cadre ». Ce n’est donc pas une comparaison à monte identique.
Et les Domane IsoSpeed déjà en circulation ?
C’est la question que se posent les propriétaires des générations précédentes, et Cyclingnews l’a posée à la marque : « IsoSpeed continuera d’être entretenu. » Le système ne disparaît d’ailleurs pas complètement du catalogue — il reste au programme des gravels Checkpoint, « pour le moment, du moins », note road.cc.
Difficile de ne pas y voir un mouvement de fond. Le Domane est né en 2012 comme une machine de course pensée pour les pavés, à une époque où un pneu de route faisait 25 mm et où gagner du confort demandait de la mécanique. La même mission se remplit désormais avec quinze millimètres de gomme en plus et un tube en carbone bien dessiné. Trek le formule autrement dans son livre blanc, cité par Cyclingnews : c’est l’augmentation du volume des pneus qui a « ouvert la porte » à un vélo plus léger et moins complexe.



