EN BREF
Kogel a présenté le 6 août le Kolossos Pulsar, qu’il décrit comme sa chape de dérailleur surdimensionnée la plus rapide à ce jour. Sa particularité tient au roulement : billes et pistes sont en céramique, là où la plupart des roulements dits céramique font rouler des billes céramique dans des pistes en acier. Sans métal, la marque affirme n’avoir plus rien à lubrifier ni à protéger par un joint — les deux principales sources de frottement d’un roulement de vélo classique, selon elle — et annonce trente secondes de rotation libre sur le galet inférieur. Le Pulsar est vendu 658,95 € en version Speed et 877,95 € en version Aero, chacune pour SRAM Red et Force AXS comme pour Shimano Dura-Ace R9200 et Ultegra R8100. Kogel le déconseille en tout-terrain.
| Prix — chape Speed (SRAM ou Shimano) | 658,95 € |
| Prix — chape Aero (SRAM ou Shimano) | 877,95 € |
| Prix — finition Cerakote personnalisée | 767,95 € (Speed) · 987,95 € (Aero) |
| Roulements | Tout céramique : billes et pistes en céramique |
| Lubrification | Aucune, selon Kogel |
| Compatibilité | SRAM Red et Force AXS ; Shimano Dura-Ace R9200 et Ultegra R8100 |
| Coloris | Noir anodisé · Launch Edition blanc brillant · Cerakote personnalisé |
| Usage | Route ; tout-terrain déconseillé par la marque |
Dans le vélo de route haut de gamme, la chape de dérailleur surdimensionnée occupe une place à part. On y remplace une pièce qui fonctionne très bien par une autre, plus grosse et plus chère, pour récupérer une fraction de watt. Kogel, spécialiste texan du roulement, vient d’en ajouter un cran avec le Kolossos Pulsar, annoncé le 6 août sous un titre sans ambiguïté : selon Kogel, « notre amélioration de dérailleur la plus rapide à ce jour ».
Une chape de dérailleur sans acier ni graisse
Le mot « céramique » traîne depuis vingt ans dans les catalogues de composants, et il désigne presque toujours la même chose : des billes en nitrure de silicium qui roulent dans des pistes en acier trempé. Kogel le rappelle d’ailleurs volontiers à propos de ses propres roulements hybrides. Le Pulsar, lui, passe à des pistes également en céramique. « Le Pulsar fonctionne sur des roulements tout céramique, des billes céramique tournant dans des pistes céramique plutôt que dans de l’acier », écrit la marque sur ses fiches produit.
La conséquence est mécanique. Sans métal dans le roulement, explique Kogel, « il n’y a rien à corroder et rien à lubrifier ». Or, toujours selon la marque, « dans un roulement de vélo classique, l’essentiel de la traînée vient du lubrifiant et des joints ». Retirez les deux et il ne reste que le frottement mécanique pur. Le résultat que Kogel met en avant est un test de comptoir plutôt qu’un chiffre de laboratoire : une chiquenaude sur le galet inférieur, vélo posé sur un pied d’atelier, et « trente secondes de rotation libre deviennent la norme ».

Kolossos Pulsar : la rigidité plutôt que la légèreté
C’est le point le plus intéressant de l’annonce, et il va à rebours de l’habitude du secteur. Plutôt que de dessiner une chape allégée pour l’occasion, Kogel a choisi de reprendre telles quelles ses structures existantes. « Nous ne l’avons pas construit sur une chape fragile, une expérimentation ultra-légère. Nous l’avons construit directement sur nos plateformes Speed Kolossos et Aero Kolossos, éprouvées et très rigides », écrit la marque.
L’argument avancé est mécanique : « la rigidité structurelle est ce qui maintient l’alignement de la chaîne en charge ». Une chape qui vrille sous l’effort désaligne la chaîne, et le frottement récupéré dans le roulement se reperd dans la transmission. Les galets surdimensionnés, eux, réduisent l’articulation de la chaîne. Autrement dit, Kogel considère qu’une chape souple annulerait le bénéfice qu’elle vient de chercher dans le roulement.
Reste une limite que la marque pose elle-même, et qui découle directement de ce parti pris de pièce de compétition sur route : « Nous déconseillons l’usage du Pulsar en tout-terrain. » La version Aero, dont le profil caréné vise « les spécialistes du contre-la-montre et les triathlètes », enfonce le clou.

Trois niveaux de chape de dérailleur, et un ticket d’entrée à 658,95 €
Avec ce troisième étage, Kogel range sa gamme en trois crans qu’elle décrit comme une hiérarchie « bon, meilleur, le meilleur ». En bas, le Kolossos ST lancé l’an dernier, sur roulements en acier inoxydable, pour qui veut « 90 % de la performance sans aucun souci ». Au milieu, les Speed et Aero Kolossos classiques. En haut, le Pulsar.
Les tarifs suivent. Sur la boutique officielle consultée depuis la France, la chape Speed est affichée à 658,95 €, et la chape Aero à 877,95 € — dans les deux cas pour SRAM Red et Force AXS comme pour Shimano Dura-Ace R9200 et Ultegra R8100. Une finition Cerakote personnalisée porte l’addition à 767,95 € et 987,95 € respectivement. Trois habillages sont proposés : noir anodisé, une Launch Edition blanc brillant, et donc le Cerakote sur mesure.

Pour repérer un Pulsar sur un vélo, il faut regarder le garde-chaîne inférieur : Kogel y a gravé une icône dédiée, en plus de son marquage habituel. Un détail qui en dit long sur le public visé — celui qui reconnaît une chape de dérailleur à trois mètres.
Sur le gain réel, en revanche, la marque reste prudente, et c’est tout à son honneur : son test de friction a rendu une lecture nulle, mais elle précise que le frottement était trop faible pour être détecté par son capteur habituel, qu’elle a dû remplacer par un modèle plus précis. L’annonce du 6 août reste donc muette sur un gain chiffré en watts.



