EN BREF
UTO, l’ex-Eovolt, s’est fait connaître avec ses vélos pliants. La PME lyonnaise change de registre avec l’OG200, un cargo électrique biplace monté sur de gros pneus, annoncé à 2 499 €. Au programme : 200 kg de charge utile, 100 km d’autonomie et une batterie de 720 Wh. La marque assume viser les automobilistes plutôt que les cyclistes aguerris. Reste un engin de 34 kg, à mi-chemin entre le scooter et le fat bike.
| Prix | 2 499 € |
| Charge utile | 200 kg |
| Autonomie annoncée | 100 km |
| Batterie | 720 Wh |
| Moteur | Bafang H550, moyeu arrière, 60 Nm |
| Pneus | Schwalbe Super Moto X, 4 pouces |
| Transmission | Shimano Tourney, 7 vitesses |
| Freins | Tektro hydrauliques, étriers 4 pistons |
| Poids | 34 kg |
| Tailles | de 1,55 m à 1,90 m |
| Coloris | 3 |
Deux selles alignées, des pneus de quatre pouces et 200 kilos de charge utile : l’OG200 ne ressemble pas à grand-chose de connu dans le catalogue des cargos électriques. Et son constructeur ne cherche pas à le vendre aux passionnés de vélo — plutôt à ceux qui n’en font jamais.
Un spécialiste du pliant qui change de braquet
UTO, c’est le nouveau nom d’Eovolt, marque installée à Genas, dans la métropole lyonnaise. On la connaissait pour ses vélos pliants et compacts, taillés pour les trajets multimodaux et le rangement facile. L’OG200 prend le contre-pied : un grand gabarit, deux places, et une vocation d’alternative à la voiture plutôt que de complément au train.
Ce n’est pas un vélo conçu pour les cyclistes chevronnés.
UTO, au sujet de l’OG200
La marque vise donc explicitement les non-cyclistes. Le pari : convaincre des automobilistes récalcitrants de passer en selle, quitte à leur proposer un engin qui ressemble à ce qu’ils connaissent déjà.
Moitié scooter, moitié fat bike
L’OG200 est campé sur des pneus Schwalbe Super Moto X de 4 pouces de section, ceux qu’on croise d’ordinaire sur les fat bikes. La batterie de 720 Wh se loge sous la selle, à la manière d’un scooter. À l’arrière, un double amortissement à ressort intégré au triangle est censé soulager le passager ; à l’avant, une fourche télescopique dont on peut douter de l’utilité réelle, vu la largeur des pneus.

Ce choix de géométrie a un revers connu. Les vélos à gros pneus et selle plate ne sont pas réputés pour leur agrément de pédalage, plusieurs tests de la presse spécialisée l’ont déjà pointé. UTO l’assume, au nom de son public cible.
200 kg sur le papier, 60 Nm dans les jambes
Sur la fiche, les 200 kg de charge utile laissent imaginer deux adultes, ou un adulte avec enfants et bagages. Dans les faits, le moteur — un moyeu arrière Bafang H550 — ne développe que 60 Nm de couple. C’est modeste pour hisser une telle masse dans une côte, d’autant que le vélo pèse déjà 34 kg à vide. Un poids qui se rappelle aussi au bon souvenir de son propriétaire chaque fois qu’il faut sortir l’engin d’une cave ou le glisser dans un ascenseur.
Côté équipement, on reste sur de l’entrée de gamme : transmission par chaîne avec un dérailleur Shimano Tourney 7 vitesses, et un freinage hydraulique Tektro à étriers quatre pistons — plutôt rassurant, lui, pour ralentir une telle charge.
Un pari à 2 499 €
Le prix joue en faveur de l’OG200. À 2 499 €, il se place nettement sous les cargos biplaces pour adultes du marché : les longtails et midtails capables d’embarquer deux grands se négocient plutôt entre 3 000 et 5 000 €. UTO annonce trois coloris, deux hauteurs de selle pour des gabarits de 1,55 m à 1,90 m, et une distribution via un réseau de 1 000 revendeurs.

L’intention se défend : élargir la gamme, toucher ceux qui n’ont jamais vraiment pédalé, offrir une alternative à la deuxième voiture. On aurait pu rêver d’un format plus polyvalent — un midtail à selle classique, par exemple, qui aurait aussi parlé aux cyclistes du quotidien. En l’état, l’OG200 s’adresse d’abord aux conducteurs qu’on n’imaginait pas lâcher leur volant. Si quelques-uns franchissent le pas, ce sera déjà un premier tour de pédale gagné.



