EN BREF
Les vols de vélos déclarés dans les gares britanniques ont reculé de 11 % sur le premier semestre 2026, à 1 900 cas contre 2 135 un an plus tôt, selon une analyse de l’assureur Cycleplan relayée par road.cc. Dans le même temps, la proportion de dossiers clos ayant abouti à une inculpation a doublé, passant de 4,4 % à 9 %. Ces chiffres tombent après une polémique révélée à l’automne 2025 : la British Transport Police avait acté en 2024 qu’elle n’enquêterait pas sur les vols de vélos de moins de 200 livres, avant de faire marche arrière début 2026 sous la pression des associations. Plusieurs gares vont pourtant à contre-courant, dont Clapham Junction et Hitchin, où les vols déclarés ont été multipliés par près de quatre et par plus de cinq.
En 2024, la police britannique des transports avait acté qu’elle n’enquêterait plus sur une partie des vols de vélos en gare. Le scandale a éclaté à l’automne 2025, la BTP a reculé, et des chiffres publiés depuis ce revirement viennent de tomber : ils vont dans le bon sens, avec quelques réserves.
Des vols de vélos en gare en recul de 11 %
Selon l’analyse de l’assureur Cycleplan, obtenue par demande d’accès aux documents administratifs auprès de la British Transport Police et relayée par road.cc, 1 900 vélos ont été déclarés volés dans les gares britanniques entre janvier et juin 2026, contre 2 135 sur la même période de 2025. Soit un recul de 11 %.
Une précision s’impose : ces chiffres comptent les vols déclarés. road.cc relève que la confusion entourant la politique de la police a nourri des craintes sur le nombre de cyclistes laissant leur vélo en gare : en mars, des données de la West Midlands Combined Authority suggéraient une baisse d’environ 20 % de la fréquentation des stationnements vélo de la région, depuis que la doctrine abandonnée avait attiré l’attention nationale. Moins de vélos garés, c’est mécaniquement moins de vélos à voler : le recul de 11 % pourrait aussi traduire un renoncement des cyclistes.

Deux fois plus d’inculpations, selon l’assureur
L’autre donnée est plus parlante encore. Toujours selon Cycleplan, la part des dossiers clos qui débouchent sur une inculpation est passée de 4,4 % en 2025 à 9 % en 2026 : elle a doublé. Le recours à la vidéosurveillance suit la même pente : elle a contribué à 10,3 % des affaires signalées, contre 6,7 % un an plus tôt.
Ces deux courbes se lisent ensemble. La vidéosurveillance était au cœur de l’argument avancé par la BTP pour justifier son tri : « Plus nos agents passent de temps à examiner la vidéosurveillance, moins ils en ont pour patrouiller dans les gares et les trains, et pour enquêter sur les crimes qui causent le plus de tort », déclarait alors la police. Depuis le rétropédalage, la vidéosurveillance est davantage exploitée et le taux d’inculpation a doublé — un enchaînement que les associations, note road.cc, présenteront comme la conséquence directe du revirement de la police.
Sean Carney, de Cycleplan, tempère néanmoins : « 1 900 vols déclarés en seulement six mois montre que les cyclistes courent toujours un risque important lorsqu’ils laissent leur vélo en gare. »
Des gares à contre-courant
La moyenne masque des situations très contrastées. Cycleplan recense 35 vols déclarés à Cambridge North sur le semestre, contre 27 un an plus tôt ; la gare était déjà en tête du classement en 2023, avec 143 vols sur l’année selon la BBC. Deux autres gares voient leurs chiffres s’envoler : Clapham Junction passe de 7 à 27 vols déclarés, et Hitchin de 5 à 27.
Ces hausses sur de petits volumes appellent la prudence : un passage de 5 à 27 cas peut refléter l’arrivée d’une équipe organisée comme un simple regain de signalements. Elles rappellent que le stationnement en gare reste le maillon faible de l’intermodalité vélo-train britannique.
Retour sur la politique qui avait mis le feu aux poudres
En 2024, la British Transport Police avait précisé sa doctrine de tri : elle n’enquêterait pas sur un vol commis aux abords d’une gare si le vélo valait moins de 200 livres, ou s’il avait été laissé au même endroit plus de deux heures. Les associations y avaient vu une décriminalisation de fait. Le contexte donnait du poids à la critique : plus de 14 000 vélos avaient été déclarés volés aux abords des gares entre 2021 et 2023.
Sous la pression, la police est revenue sur sa position début 2026, s’engageant à déférer davantage de voleurs devant la justice. Les chiffres de janvier à juin sont encourageants ; ils reposent, pour l’heure, sur une seule publication.



