Virvolt supprime la chaîne du vélo électrique avec sa génératrice Genera 900

EN BREF

Virvolt, fabricant français de moteurs pour vélos électriques, dévoile la Genera 900 : une génératrice qui remplace le pédalier classique. Le principe, dit « bike-by-wire », supprime toute liaison mécanique entre les pédales et la roue — plus de chaîne, de cassette ni de dérailleur. Les pédales actionnent une génératrice qui produit de l’électricité pour alimenter le ou les moteurs. Vendue de 500 à 600 euros selon la version et assemblée à Villeurbanne, elle vise d’abord les fabricants de vélos et de vélis, pas les particuliers.

ProduitGenera 900 — génératrice / pédalier électronique
PoidsEnviron 3 kg
Apport électriqueEnviron 70 W (selon Virvolt)
VersionsClassique (assistance linéaire) et Haptique
Batterie48 V (le 36 V n’est pas compatible)
Prix500 à 600 € selon la version
AssemblageUsine à Vélos, Villeurbanne (Rhône)
DisponibilitéFabricants puis revendeurs — pas de vente directe aux particuliers

Sur la Genera 900, le coup de pédale ne fait plus tourner la roue. Il actionne une génératrice — un pédalier électronique — qui transforme l’effort en électricité. Cette énergie file vers la batterie, qui alimente à son tour le ou les moteurs chargés de la propulsion. Entre les jambes du cycliste et la roue, plus aucune liaison mécanique : ni chaîne, ni cassette, ni dérailleur.


Les pédales ne touchent plus la roue

Le procédé porte un nom emprunté à l’aéronautique et à l’automobile : le « bike-by-wire ». L’idée n’est pas neuve. Le français Cixi propose déjà un système comparable, le PERS, bâti sur la même déconnexion entre les pédales et la roue. Ce que Virvolt revendique, c’est l’industrialisation : la firme parisienne, qui annonce 10 000 moteurs vendus, assemble la Genera 900 en France et la pense d’emblée pour des volumes et des usages professionnels.

Le système ne sort pas de nulle part. Il reprend le pédalier Gene-Pi, en développement depuis 2018, crédité de 50 000 kilomètres d’essais — dont les éditions du Sun Trip, ce rallye au long cours de vélos à assistance solaire. De quoi roder le savoir-faire logiciel qui fait l’intérêt de l’objet.

Deux modes, dont un qui imite la mécanique

La Genera existe en deux déclinaisons. La version classique délivre une assistance linéaire, taillée pour la cyclologistique et les vélis — ces véhicules électriques légers intermédiaires, à mi-chemin entre le vélo cargo et la voiturette. La version haptique ajoute un contrôleur qui dose la progressivité selon le couple de pédalage : un comportement plus naturel et plus sportif, pensé pour les vélos électriques classiques et les speed-bikes.

Selon Transition Vélo, qui assistait à la présentation, le mode haptique cherche à restituer en temps réel les sensations d’une transmission mécanique, en s’adaptant à la cadence et à la force exercée. Frandroid, qui a brièvement roulé avec la version classique, décrit une montée en puissance progressive dans les premiers tours de roue, mais un couple disponible immédiatement dès qu’il s’agit de grimper.

Le pilotage se règle sur trois niveaux d’assistance, avec une molette pour ajuster la résistance au pédalage. Le freinage récupère de l’énergie dans les moteurs, comme sur une trottinette électrique. Une marche arrière est même possible.

Moins de pièces, l’argument des flottes

L’argument de vente tient en une phrase : moins de pièces d’usure, donc moins d’entretien et moins d’immobilisation. Le discours vise d’abord les opérateurs de flottes et les constructeurs de vélis, pour qui la transmission mécanique reste un poste de coût récurrent. La Genera 900 se monte sur les standards de boîtier de pédalier existants, ce qui simplifie son intégration.

La contrepartie, c’est le poids : le pédalier électronique affiche environ 3 kilos, davantage qu’un moteur classique. Et la génératrice ne fournit qu’environ 70 watts, selon Virvolt — peu au regard des besoins d’un vélo électrique, mais dans l’ordre de grandeur d’une assistance conventionnelle. Côté compatibilité, le système accepte les moteurs du marché et fonctionne en 48 volts ; le 36 volts est écarté, jugé trop exposé à la surtension.

Assemblée à Villeurbanne, d’abord pour les fabricants

La Genera 900 est industrialisée à l’Usine à Vélos de Villeurbanne, dans le Rhône, aux côtés d’autres acteurs comme Vefaa ou Addbike. Virvolt poursuit la relocalisation de ses composants entamée en 2023 : le cœur moteur reste conçu par Aikema, mais la marque s’approvisionne déjà en pièces françaises — chez Effigear, notamment — et compte rapatrier le reste d’ici 2027.

Le prix oscille entre 500 et 600 euros selon la version, avec des packs intégrant un ou plusieurs moteurs. Pour l’instant, Virvolt ne vend qu’aux fabricants : plusieurs ont déjà des projets, dont Maillon Mobility et son trois-roues. Dans un second temps, des revendeurs pourront l’installer pour électrifier ou transformer un vélo. La vente directe aux particuliers, elle, n’est pas prévue.

Le marché du vélo sans chaîne reste une niche. Mais en visant les flottes et les vélis plutôt que le cycliste du dimanche, Virvolt place son pari là où la mécanique traditionnelle coûte le plus cher à entretenir.