EN BREF
L’opérateur londonien de vélos électriques en libre-service Forest installe des plaques à l’arrière d’environ 500 de ses vélos, dans l’arrondissement de Richmond upon Thames. Selon road.cc, la plaque reprend le code d’identification que le client utilise déjà pour déverrouiller le vélo — il s’agit donc d’un numéro maison de l’exploitant, et non d’une immatriculation délivrée par une administration. L’objectif affiché est de permettre à un passant de signaler un comportement dangereux ou un stationnement gênant en relevant simplement ce numéro. Forest indique pouvoir alors identifier immédiatement la machine et son utilisateur. Selon la presse britannique, les utilisateurs signalés de façon répétée pourraient être définitivement bannis du service. Selon road.cc, qui l’a sollicitée, l’entreprise n’a pas confirmé s’il s’agissait d’un test ou d’un déploiement appelé à s’étendre.
L’opérateur Forest, l’un des exploitants de vélos électriques sans borne de Londres, a commencé à en équiper sa flotte de l’arrondissement de Richmond upon Thames. La mesure a été rapportée par la presse londonienne le 8 septembre.
Des plaques d’immatriculation qui n’en sont pas
Le mot « plaque d’immatriculation » est trompeur. Il ne s’agit pas d’un numéro délivré par une administration, comme pour une voiture ou un cyclomoteur. Selon road.cc, qui a relayé l’information, « environ 500 vélos de l’arrondissement londonien de Richmond upon Thames doivent recevoir des « plaques d’immatriculation » affichant le code d’identification individuel du vélo, celui-là même que les clients utilisent pour déverrouiller les vélos sans borne ».
Autrement dit, l’information existait déjà : elle figurait sur le vélo, sous le QR code. Ce qui change, c’est qu’elle devient lisible de loin, par n’importe qui, et depuis l’arrière du vélo.

Signaler un cycliste, et le retrouver
La finalité est explicite. Forest, écrit road.cc, « doit commencer à installer des « plaques d’immatriculation » à l’arrière de ses vélos pour permettre au public de signaler plus facilement les utilisateurs pour « conduite dangereuse » ou pour des problèmes de stationnement ».
Un porte-parole de l’entreprise, cité par la presse londonienne, détaille le mécanisme : « Le principe, c’est que s’il y a un incident et que le numéro nous est communiqué, comme avec le numéro du vélo, nous pouvons identifier immédiatement le vélo et qui le conduisait à ce moment-là, et agir plus vite. »
Au bout de la chaîne, les utilisateurs signalés de façon répétée s’exposent à ne plus pouvoir louer de vélo Forest. Le titre de l’article de road.cc résume la logique — « sévir contre la conduite dangereuse et le stationnement « problématique » — et bannir les récidivistes ».
Forest face à la pression politique sur le libre-service
La mesure arrive dans un contexte tendu. Le vélo en libre-service sans borne est un sujet de friction dans plusieurs arrondissements londoniens, entre stationnement sur les trottoirs et menaces d’exclusion visant tel ou tel opérateur. L’idée d’immatriculer les cyclistes circule d’ailleurs dans le débat britannique : road.cc renvoie ainsi, en marge de son article, au cas d’un conseiller municipal conservateur « qui voulait des plaques d’immatriculation obligatoires pour les cyclistes ». La position du gouvernement britannique va en sens inverse : en juin 2025, rapporte la presse londonienne, un ministre des Transports, Lord Hendy, déclarait que le gouvernement n’avait « aucun projet de légiférer sur l’immatriculation ou l’assurance des vélos électriques ou des vélos musculaires ». Ce que met en place Forest est d’une autre nature — une initiative privée, limitée à sa propre flotte. Elle ne couvre d’ailleurs pas toute la flotte locale : selon road.cc, Forest détient depuis juin le monopole du vélo électrique en libre-service dans l’arrondissement, où environ un tiers des vélos doit recevoir une plaque — un tiers d’une flotte de 1 500 vélos à Richmond, précise la presse londonienne.
Forest, de son côté, met en avant une série d’initiatives. Le déploiement des plaques arrière « est la dernière action en date de Forest pour renforcer sa responsabilité vis-à-vis du public et de ses clients », note road.cc, qui rappelle que l’entreprise avait annoncé le mois précédent la mise en place d’une assurance responsabilité civile pour ses utilisateurs. road.cc ajoute toutefois que l’entreprise n’a pas précisé les termes de sa police d’assurance lorsqu’elle a été sollicitée, et rappelle qu’elle a déjà été critiquée et sanctionnée par des conseils municipaux pour n’avoir pas suffisamment agi sur le stationnement et le comportement des usagers.
Reste une inconnue. road.cc écrit qu’« il n’est pas établi si ces vélos à plaque relèvent d’une initiative expérimentale ou s’ils annoncent une extension à toute la ville », et précise que l’opérateur a décliné ses demandes de précision.



