EN BREF
Trois semaines après le placement de Cycles Lapierre en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Dijon, le 25 août, Gilles Lapierre a rompu le silence. Ancien directeur général et petit-fils du fondateur Gaston Lapierre, il défend son bilan et estime que chacun est en droit de s’interroger sur les décisions prises depuis son départ. Il se dit surtout prêt à apporter son soutien au projet le plus à même de préserver l’activité et les emplois. La procédure ouvre une période d’observation de six mois pour une entreprise qui emploie 106 personnes et a réalisé 99,1 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025.
Le silence de Gilles Lapierre aura duré trois semaines — le temps qui sépare le placement de Cycles Lapierre en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Dijon, le 25 août, de sa prise de parole publique relevée le 16 septembre.
Ce que le tribunal a décidé le 25 août
Cycles Lapierre a déposé sa demande le 5 août 2026 auprès du tribunal de commerce de Dijon, qui a ouvert la procédure le 25 août. Il s’agit d’un redressement judiciaire, qui « n’est pas une liquidation », rappelle la presse locale, mais un cadre protecteur pour poursuivre l’activité tout en apurant le passif.
La décision ouvre une période d’observation de six mois pour poursuivre l’activité, maintenir l’emploi et préparer l’avenir — ce que la direction était venue chercher : « La décision du Tribunal nous donne exactement ce que nous étions venus demander : la possibilité et le temps de nous battre », déclarait alors William Perrier, directeur général des Cycles Lapierre.

Gilles Lapierre défend son bilan chez Cycles Lapierre
Gilles Lapierre n’est plus aux commandes depuis longtemps : parti pour un poste au niveau du groupe Accell, il a quitté définitivement le groupe à la fin de 2022. Bike Europe le présente comme l’ancien directeur général de Cycles Lapierre, et rappelle qu’il parle de l’entreprise fondée par son grand-père, Gaston Lapierre.
Sa déclaration commence par les soutiens reçus : « Depuis l’annonce du placement en redressement judiciaire de l’entreprise que j’ai dirigée avec engagement et succès pendant plusieurs années, j’ai reçu un très grand nombre de messages de soutien, de témoignages et de réactions. » Il en tire une lecture de ce qu’était la maison : « une aventure humaine, un projet collectif ».
Vient ensuite la partie la plus scrutée : « Nous avions obtenu des résultats, dont nous pouvions légitimement être fiers et nous avions construit des bases permettant d’envisager l’avenir avec ambition. La situation actuelle est donc évidemment douloureuse à constater. Sans volonté de polémique personnelle, chacun est en droit de s’interroger sur le chemin parcouru depuis mon départ et sur les décisions qui ont conduit à la situation que l’entreprise connaît aujourd’hui ». La formule est mesurée ; la question qu’elle pose ne l’est pas.
Il termine par une offre, celle que retient Bike Europe : « Je souhaite être clair sur un point : je serai prêt, dans la mesure de mes possibilités, à apporter mon soutien au projet et au plan qui me sembleront les plus adaptés à la situation actuelle et les plus à même de préserver l’activité, les emplois et les intérêts de l’ensemble des parties prenantes. »

Une marque sans actionnaire, un atelier qui tourne encore
La cause immédiate est documentée : selon La Gazette France, « la baisse des volumes, des stocks élevés chez les acteurs de la filière, la pression sur les marges ainsi que la fin du soutien financier du groupe Accell ont fragilisé sa situation ». Son effondrement, début août 2026, a laissé la marque — selon franceinfo — « désormais seule, et avec peu de marge de manœuvre financière ».
Cycles Lapierre emploie 106 personnes et a réalisé 99,1 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Sa perte d’exploitation s’est réduite, passant de 46,3 millions d’euros en 2024 à 27,2 millions en 2025, selon la presse locale. L’assainissement des stocks va dans le même sens : « En 2024, on avait plus de huit entrepôts ici à Dijon pour stocker plus de 45 000 vélos », rappelait William Perrier à franceinfo.
L’atelier, lui, produit toujours : selon franceinfo, « rien que dans son atelier de Dijon, Lapierre produit 25 000 vélos par an ». Le réseau suit, avec plus de 800 revendeurs en France, dont beaucoup ont envoyé des messages de soutien à la direction. C’est ce périmètre-là — une usine française en activité, un réseau dense, des pertes qui se réduisent — que la période d’observation de six mois doit permettre de sauver, ou pas.



