EN BREF
Source BMX, l’un des noms qui comptent dans le commerce du BMX en Europe, est en liquidation. Ses fondateurs, les frères Rich et Marc Moore, l’ont annoncé à la presse professionnelle britannique : après une tentative de restructuration, « la liquidation était la seule voie réaliste ». L’activité ne s’arrête pas pour autant — la marque repart sous une nouvelle société, avec de nouveaux capitaux et une structure « nettement plus légère », recentrée sur la vente, le commerce en ligne et le contenu. Les fondateurs reconnaissent que l’opération laisse des fournisseurs et des créanciers sur le carreau, dont des entreprises partenaires de longue date, et disent le regretter profondément.
Le BMX n’occupe pas beaucoup de place dans l’actualité vélo française, et c’est dommage : c’est une discipline qui fabrique des cyclistes, des boutiques et des vocations. En Grande-Bretagne, Source BMX en était devenu le centre de gravité pendant deux décennies. L’enseigne vient de passer en liquidation.
Source BMX en liquidation : « la seule voie réaliste »
C’est Cycling Industry News qui a publié la déclaration des deux fondateurs. « Source BMX Ltd, sous sa forme existante, n’était plus financièrement viable, et la liquidation était la seule voie réaliste », déclarent Rich et Marc Moore, cités par le média professionnel britannique (citations traduites de l’anglais). La société est entrée en liquidation au début du mois, après que les dirigeants eurent cherché à restructurer l’entreprise.
Deux événements ont pesé, selon le même récit : la fermeture du Source Park — le parc de BMX et de skateboard exploité par l’entreprise — et le report du Battle of Hastings, la fameuse compétition que le parc héberge, le temps que des travaux jugés indispensables soient menés sur le bâtiment.

Une structure de coûts taillée pour un marché plus grand
L’explication que donnent les fondateurs mérite d’être lue par toute la filière, bien au-delà du BMX : « au bout du compte, nous portions une structure de coûts bâtie pour un marché bien plus grand que celui d’aujourd’hui ». L’entreprise s’était dimensionnée — avec, parmi d’autres initiatives, une expansion aux États-Unis — pour un marché qui, aujourd’hui, n’a plus cette taille.
Source BMX n’est pas un cas isolé, selon Cycling Industry News : les séquelles de la forte perturbation du début de décennie, combinées à une économie difficile, ont continué de faire fermer des entreprises du cycle cette année, et le média professionnel cite deux cas — le distributeur britannique Saddleback, passé en administration cet été, et Accell, qui a déposé une demande d’insolvabilité début août. Le retour à la normale met en difficulté les structures restées calibrées pour l’exception.
Ce qui redémarre, et ce qui reste sur le carreau
La suite est déjà écrite, du moins sur le papier : « Source BMX continuera sous une nouvelle société, avec une structure nettement plus légère et de nouveaux capitaux derrière l’entreprise. L’objectif sera de bâtir une activité durable autour de la vente BMX, du commerce en ligne et du contenu, à la mesure de la taille actuelle du marché. » Vente, commerce en ligne et contenu, donc — un volet que la marque met elle-même en avant, elle qui décrit le Source Park comme « le lieu de tournage d’innombrables nouvelles vidéos Source avec les meilleurs pros du BMX ».
Les fondateurs abordent aussi la partie ingrate de l’affaire. « Nous avons pleinement conscience que la liquidation a entraîné des pertes pour plusieurs fournisseurs et d’autres créanciers, dont des entreprises avec lesquelles nous travaillons depuis de longues années », écrivent-ils, ajoutant que c’est sans conteste le plus dur à porter dans cette histoire. Dans la liste des victimes qu’ils dressent, les salariés viennent en premier : « C’est évidemment très triste de voir la société d’origine s’arrêter après plus de vingt ans, et particulièrement difficile à cause des conséquences pour nos salariés, nos fournisseurs et nos autres partenaires ». Les deux frères précisent aussi rester aux commandes : « Marc et moi restons impliqués, et notre priorité est maintenant de faire en sorte que l’activité qui continue repose sur des bases durables ». Dans le schéma qu’ils décrivent, la nouvelle société repart avec de l’argent frais, quand les fournisseurs de l’ancienne absorbent la perte.
L’article de Cycling Industry News ne chiffre ni le passif, ni le nombre d’emplois concernés, ni le chiffre d’affaires de la société liquidée.



