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Royaume-Uni : 7 049 vélos électriques illégaux saisis en un an, soit 83 % de plus

La police britannique a confisqué 7 049 vélos jugés illégaux en douze mois, contre 3 858 l'année précédente. Londres concentre un tiers des saisies.

Royaume-Uni : 7 049 vélos électriques illégaux saisis en un an, soit 83 % de plus

EN BREF

La police britannique a confisqué 7 049 vélos jugés illégaux au cours des douze mois écoulés au 19 mai, contre 3 858 sur la période précédente, soit une hausse de 83 %. Ces chiffres, obtenus par l’agence Press Association auprès de 31 des 45 forces de police du pays au titre de la liberté d’accès aux documents administratifs, placent la police métropolitaine de Londres en tête avec 2 367 saisies. Onze de ces 31 forces ont vu leur nombre de saisies plus que doubler en un an. En cause, des vélos modifiés dont l’assistance ne se coupe pas à 15,5 mph et qui atteignent des vitesses élevées sans pédaler — des engins que la loi britannique ne reconnaît plus comme des vélos.


Le chiffre est brut et il dit quelque chose de la rue britannique : en un an, la police a saisi près de deux fois plus de vélos électriques illégaux que l’année précédente. Sept mille quarante-neuf machines confisquées sur les douze mois écoulés au 19 mai 2026, contre 3 858 sur la période précédente. « Quelque 7 049 de ces machines ont été confisquées à travers le Royaume-Uni au cours des douze mois écoulés au 19 mai, selon des données obtenues par la Press Association au titre des lois sur la liberté d’information », rapporte l’agence.


Des saisies de vélos électriques illégaux concentrées à Londres

Un tiers des saisies se joue dans la capitale. « La police métropolitaine a été la force la plus active en matière de saisies de vélos électriques, avec 2 367 vélos confisqués rien qu’à Londres sur la période documentée », relève road.cc. Loin derrière suivent le Leicestershire (661), Police Scotland (585) et la Thames Valley (425).

Sur les 45 forces du Royaume-Uni sollicitées, 31 ont fourni des données comparables. Le relevé de la Press Association montre aussi que onze de ces 31 forces ont vu leur nombre de saisies plus que doubler d’une année sur l’autre.

Ce que la loi britannique appelle un vélo électrique

Tout tient à une définition. Outre-Manche, un vélo à assistance électrique légal s’appelle un EAPC — electrically assisted pedal cycle — et il est traité comme un vélo ordinaire à condition que son utilisateur ait au moins 14 ans. La réglementation précise que le moteur ne doit pas dépasser 250 watts de puissance nominale continue et que le vélo doit conserver des pédales utilisables. L’assistance doit se couper à 15,5 mph, soit 25 km/h.

Les engins visés par les saisies sont ceux qui sortent de ce cadre : « des vélos illégalement modifiés, dont l’assistance ne se coupe pas à 15,5 mph et qui peuvent atteindre des vitesses élevées sans pédaler », écrit road.cc. Juridiquement, ce ne sont plus des vélos mais des cyclomoteurs, avec ce que cela implique d’immatriculation, d’assurance et de permis.

Encore faut-il pouvoir le prouver sur le trottoir. La police de la City of London s’est équipée pour cela : selon road.cc, le sergent Stuart Ford indique que la force a commencé à utiliser des bancs à rouleaux portatifs, semblables à ceux employés par la police néerlandaise, pour mesurer la vitesse maximale du moteur et déterminer si le vélo est légal.

Une loi de juin qui a levé le préavis

Le durcissement de la loi, lui, est venu après. Fin juin 2026, soit plus de cinq semaines après la fin de la période documentée, le Crime and Policing Act a renforcé les pouvoirs de la police, permettant aux agents de saisir un vélo illégal utilisé dans un cadre de comportement antisocial sans avoir à délivrer d’avertissement préalable. Jusque-là, l’avertissement était la règle, sauf les exceptions que la loi prévoyait.

Le gouvernement travailliste a réagi à la publication des chiffres. « Les vélos électriques illégaux capables d’atteindre des vitesses dangereuses n’ont pas leur place sur nos routes et nos trottoirs, et la hausse des saisies montre l’ampleur du problème auquel la police est confrontée », a déclaré une porte-parole du gouvernement.

Au Parlement, la députée travailliste Julie Minns fait campagne pour interdire la vente de ces vélos et des kits de conversion qui permettent de les fabriquer. Ces engins ont, dans certains cas, causé des morts et des blessés graves, rappelle la Press Association. Elle décrit ces engins comme « l’accessoire parfait du vol de téléphone, du braquage et du trafic de drogue », et demande qu’ils soient classés comme produit dangereux pour en empêcher la vente en ligne.

Le sujet ne s’arrêtera vraisemblablement pas là : la confusion entre vélos légaux et engins débridés, dans l’œil du public comme dans celui des forces de l’ordre, est précisément ce que redoute la filière cycliste britannique.

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