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Giant : le bénéfice trimestriel bondit de 234 %, mais le semestre reste en recul

Giant a approuvé ses comptes le 7 août : le bénéfice du deuxième trimestre bondit de 234 %, mais celui du semestre recule à 435 millions de dollars taïwanais.

Giant : le bénéfice trimestriel bondit de 234 %, mais le semestre reste en recul

EN BREF

Selon son communiqué du 7 août 2026, le conseil d’administration de Giant Group a approuvé ce jour-là les comptes du premier semestre. Le groupe taïwanais y affiche un chiffre d’affaires consolidé de 29,19 milliards de dollars taïwanais, un bénéfice net de 435 millions et un résultat par action de 1,11 NT$. Le deuxième trimestre, lui, repart : 16,67 milliards de chiffre d’affaires (+5,8 % sur un an) et surtout 630 millions de bénéfice net, en hausse de 234 %, pour un résultat par action de 1,62 NT$. Giant y indique aussi une marge brute semestrielle de 22,3 %, contre 19,1 % un an plus tôt, et de 24,2 % sur le seul deuxième trimestre.


Chiffre d’affaires S1 202629,19 milliards NT$
Bénéfice net S1 2026435 millions NT$
Résultat par action S1 20261,11 NT$
Résultat opérationnel S1 2026809 millions NT$
Chiffre d’affaires T2 202616,67 milliards NT$ (+5,8 % sur un an)
Bénéfice net T2 2026630 millions NT$ (+234 % sur un an)
Résultat par action T2 20261,62 NT$
Marge brute S1 202622,3 % (19,1 % un an plus tôt)
Marge brute T2 202624,2 %

Un chiffre que Giant met en avant jusque dans le titre de son communiqué : +234 %. C’est la progression du bénéfice net du fabricant taïwanais Giant entre le deuxième trimestre 2025 et le deuxième trimestre 2026. Le chiffre est exact, et il sort du communiqué du groupe publié le 7 août. Il ne dit pourtant qu’une moitié de l’histoire : sur l’ensemble du premier semestre, Giant gagne moins d’argent qu’il y a un an.


Les résultats de Giant, trimestre contre semestre

« Le conseil d’administration de Giant Group a approuvé aujourd’hui (7 août) le rapport financier du premier semestre 2026 », écrit le groupe. Le semestre s’établit à 29,19 milliards de dollars taïwanais de chiffre d’affaires consolidé, pour un bénéfice net après impôt de 435 millions et un résultat par action de 1,11 NT$.

Le deuxième trimestre raconte autre chose. Le chiffre d’affaires trimestriel « est revenu sur une trajectoire de croissance », à 16,67 milliards NT$, soit une hausse de 5,8 % sur un an. Et le bénéfice net trimestriel atteint 630 millions NT$, en progression de 234 %, ce qui porte le résultat par action du trimestre à 1,62 NT$ — davantage, donc, que celui du semestre entier. Ce bond de 234 % se mesure toutefois sur une base basse : au deuxième trimestre 2025, Giant n’avait dégagé que 190 millions NT$ de bénéfice net après impôt, son résultat avant impôt étant « principalement affecté par une perte de change de 230 millions NT$ ». Le groupe estimait alors qu’hors effets de change, son résultat par action du trimestre aurait été d’environ 1,07 NT$, contre 0,48 NT$ publié.

Cet écart entre le trimestre et le semestre, Giant l’attribue à sa sous-traitance : l’activité pour compte de tiers a été « affectée par des facteurs structurels comme la base de comparaison élevée de l’an dernier et les ajustements du calendrier d’expédition vers les États-Unis ». Selon Bicycle Retailer and Industry News, qui a rapporté ces comptes le même jour, le bénéfice net semestriel de 435 millions NT$ est « en baisse par rapport aux 560 millions NT$ du premier semestre de l’an dernier », et le chiffre d’affaires du semestre recule de 10,5 %. Le communiqué du 7 août, lui, ne dit rien de l’évolution du résultat net d’un semestre à l’autre, ni du premier trimestre 2026, que le même Bicycle Retailer avait rapporté en mai comme une perte nette après impôt de 200 millions NT$.

Ce qui a redressé les marges

La vraie nouvelle est peut-être là. La marge brute du semestre monte « à contre-courant » à 22,3 %, contre 19,1 % sur la même période l’an dernier, et grimpe encore à 24,2 % sur le seul deuxième trimestre. Le résultat opérationnel semestriel s’établit à 809 millions NT$.

Giant met trois choses derrière ce redressement : « Au deuxième trimestre en particulier, les fortes ventes du nouveau vélo de route aéro haut de gamme, le Propel, sous la marque GIANT, combinées à une hausse significative de la proportion de produits de marque propre à forte marge et au faible besoin de fortes remises de déstockage, ont substantiellement amélioré la structure de résultat globale. » Autrement dit : moins de soldes, plus de vélos vendus sous ses propres marques, et un modèle vitrine qui se vend.

Le groupe précise que la croissance des ventes en Europe et aux États-Unis a été portée par l’arrivée des nouveaux millésimes, tandis que le marché chinois « est revenu sur une trajectoire de croissance au deuxième trimestre, le recul cumulé continuant de se réduire ».

Un signal pour le reste de l’industrie

Le détail qui intéressera le plus les vélocistes européens tient en une phrase : « Les ajustements de stocks sur le marché européen approchent de leur terme », écrit Giant, qui note qu’avec la haute saison traditionnelle et le déploiement mondial des nouveaux millésimes, « la demande s’est nettement redressée ». Voilà trois ans que le surstock hérité de la bulle post-Covid étrangle la filière, et que les remises massives rongent les marges de tout le monde.

Giant se dit « prudemment optimiste » sur l’ensemble de sa reprise, et la prudence reste particulièrement de mise sur le marché américain : « la tendance de consommation demeure conservatrice en raison de facteurs géopolitiques et d’incertitudes externes », et le groupe dit vouloir suivre les évolutions du marché pour réagir avec souplesse. Bicycle Retailer relève par ailleurs que le communiqué ne dit rien du Withhold Release Order, la mesure des douanes américaines qui empêche Giant d’exporter vers les États-Unis les vélos sortis de son usine taïwanaise, et donc d’y vendre une partie de ses modèles haut de gamme en carbone.

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