EN BREF
VELOR, marque néerlandaise fondée par deux frères français, lance RELOV : un maillot de cyclisme qu’elle présente comme le premier entièrement circulaire. Le principe tient en une boucle — récupérer de vieux vêtements techniques, les décomposer par voie chimique, puis en refaire du fil pour un maillot neuf. Conçu et fabriqué en Europe, il afficherait une empreinte d’environ 0,9 kg de CO2e, soit près de 70 % de moins qu’un maillot en polyester vierge produit en Asie, selon la marque. Prix de lancement : 139 euros, en deux coloris.
| Marque | VELOR (Pays-Bas, fondée en 2021) |
| Produit | Maillot RELOV |
| Matière | 85 % de déchets textiles recyclés |
| Procédé | Glycolyse (recyclage chimique du polyester) |
| Empreinte carbone | ≈ 0,9 kg CO2e par maillot (≈ −70 % vs polyester vierge d’Asie, selon la marque) |
| Économie d’eau | ≈ 69 % (selon la marque) |
| Certifications | Bluesign, GRS (Global Recycled Standard) ; marque B-Corp |
| Fabrication | Conçu, recyclé et fabriqué en Europe |
| Coloris | Forest et Dunes, coupe homme et femme |
| Prix | 139 € (lancement) |
Un vieux maillot de vélo finit rarement bien. Trop technique pour les filières de recyclage classiques, il termine le plus souvent incinéré ou enfoui. La marque VELOR propose une autre issue : le transformer en maillot neuf. Son modèle RELOV, qu’elle vient de lancer, revendique le titre de premier maillot de cyclisme entièrement circulaire.
Un maillot né de vieux maillots
Le nom donne déjà l’idée : RELOV est l’anagramme de VELOR, un clin d’œil à la boucle que le maillot est censé fermer. Récupérer de vieux vêtements techniques arrivés en fin de vie, les ramener à l’état de fibre, puis en tisser un maillot neuf — sans repartir d’un polyester tiré du pétrole.
Derrière la marque, deux frères français, Florian et Mickaël Jardin, installés aux Pays-Bas où ils ont fondé VELOR en 2021. Ils revendiquent cinq ans de recherche et de partenariats industriels pour mettre au point le procédé.

Pourquoi un maillot ne se recycle pas comme une bouteille
Recycler un maillot n’a rien d’évident. La plupart mêlent polyester et élasthanne, un assemblage que le recyclage mécanique — celui qui broie et refile la matière — ne sait pas séparer proprement. VELOR a donc misé sur la glycolyse, un recyclage chimique.
Le procédé décompose le polyester jusqu’à ses molécules de base, avant de les réassembler en fibres neuves. À l’arrivée, la marque annonce une qualité équivalente à celle du polyester vierge — ce qui compte sur un maillot, où la tenue et la respirabilité ne se négocient pas.
Une chaîne de production qui reste en Europe
Avant de redevenir du fil, les déchets textiles passent par plusieurs mains. L’entreprise Nouvelles Fibres Textiles les débarrasse d’abord de leurs contaminants. La matière rejoint ensuite le réseau du partenaire espagnol Antex, avant d’être réinjectée dans la chaîne de production. Fin 2025, VELOR disait avoir collecté 1,5 tonne de déchets textiles pour alimenter ce circuit.
Conçu, recyclé et fabriqué en Europe, le maillot afficherait une empreinte d’environ 0,9 kg de CO2e par pièce. Soit près de 70 % de moins qu’un maillot en polyester vierge produit en Asie, selon la marque, qui s’appuie sur des estimations alignées sur les méthodologies de l’ADEME. Elle revendique aussi 85 % de déchets textiles recyclés dans la composition et près de 69 % d’eau économisée, pour un produit annoncé comme entièrement recyclable.
Le maillot est certifié Bluesign et GRS (Global Recycled Standard), deux référentiels du textile durable ; la marque, elle, est labellisée B-Corp. Pour éviter de surproduire, VELOR réalise environ la moitié de ses ventes en précommande.

Deux coloris, 139 euros, et un cap fixé à 2028
Le RELOV se décline en deux coloris, Forest et Dunes, en coupe homme et femme. Il est proposé à un prix de lancement de 139 euros, sur le site de la marque. VELOR ne compte pas en rester à une pièce vitrine.
À partir de 2028, notre ambition est que tous nos maillots soient fabriqués à partir de déchets textiles recyclés.
Florian Jardin, cofondateur de VELOR
De quoi juger la promesse sur pièce d’ici deux ans. En attendant, RELOV reste un maillot premium, dont les chiffres environnementaux sont ceux de la marque, pas d’un audit indépendant. Mais il chiffre, justement — là où le secteur se contente trop souvent de promettre.



