EN BREF
Un an après son inauguration, le site de production J&G à Tianjin — fruit d’une coentreprise entre Joykie et Golden Wheel — tourne à plein régime. L’usine de 100 000 m² fabrique des vélos toutes catégories, des modèles enfants aux cadres carbone certifiés UCI. Elle intègre sur place la fabrication du tissu carbone, la peinture et le contrôle qualité, dans un flux de production calqué sur le Toyota Production System.
L’usine J&G (Tianjin) Technology Co. a ouvert ses portes le 9 mai 2025, dans le district de Ninghe, à Tianjin. Un an plus tard, Cycling Industry News en a fait le tour complet. Ce qu’on y voit dit beaucoup sur l’état de la fabrication mondiale du vélo.
De la fibre Toray au vélo emballé, tout sur place
La caractéristique la plus frappante de l’usine J&G n’est pas sa taille — 100 000 m², c’est considérable mais pas unique dans l’industrie — c’est son niveau d’intégration verticale. Des bobines de carbone Toray brut entrent d’un côté. De l’autre, des cadres carbone certifiés UCI sortent, prêts à monter. Entre les deux : des métiers à tisser automatisés pour fabriquer le tissu carbone sur place, des stations de soudage robotisées, une cabine de peinture à eau (sans solvants), et un atelier de moulage interne pour les outillages.
Ce niveau d’intégration réduit les délais de transport entre sous-traitants, diminue les risques de rupture et permet de contrôler la qualité à chaque étape. C’est ce que l’industrie automobile pratique depuis des décennies — l’industrie du vélo haut de gamme y arrive progressivement, et ce site en est l’un des exemples les plus aboutis.

Toyota Production System et traçabilité RFID
L’organisation de la production s’inspire du Toyota Production System : flux tendu, postes mixtes (robots et opérateurs humains en alternance), réduction des stocks intermédiaires. Chaque vélo ou composant est suivi par une puce RFID tout au long de sa fabrication, interfacée avec un logiciel ERP maison. L’objectif est de réduire les erreurs d’assemblage et de raccourcir les délais entre commande et expédition.
L’usine produit sous plusieurs marques — Joykie, Totem, Uplands, Amslod, commercialisées sous la bannière « Bike Work » — et à destination de l’exportation mondiale, avec l’Europe comme marché prioritaire selon Joykie.

La question qui reste en suspens
Le reportage de Cycling Industry News n’évoque pas les volumes de production — délibérément ou parce que l’usine ne les communique pas. Dans l’industrie du vélo, les grandes usines chinoises fabriquent régulièrement pour des marques européennes et américaines sans que les acheteurs finaux le sachent. Si J&G sert des marques d’OEM non citées, les chiffres réels de production seraient bien supérieurs aux seules marques maison.
Ce type d’usine déplace la question de la compétitivité : ce n’est plus seulement une question de coût de main-d’œuvre, mais d’intégration technologique et de logistique. La Chine continue de consolider sa position dans la fabrication de vélos haut de gamme, bien au-delà des segments d’entrée de gamme.



