EN BREF
Le ZIV, l’association de l’industrie allemande du vélo, a publié le 7 octobre un document de position qui fait de la Chine un « concurrent systémique ». Il rappelle que la Chine produit 70 à 80 millions de vélos par an, contre environ 2 millions en Allemagne. Jugeant que les droits antidumping actuels de l’UE sont en partie contournés, il demande d’étudier leur extension aux composants, et évoque un marquage « Made in Europe ». « Il est temps d’abandonner la naïveté », déclare son directeur général, Burkhard Stork.
Le calendrier compte. Le communiqué du ZIV, daté de Berlin le 7 octobre 2026, rappelle que l’Allemagne et la France poussent pour des mesures plus rapides contre les pratiques commerciales déloyales, avant un entretien du commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, à Pékin, et un sommet européen la semaine suivante. L’association de l’industrie du vélo, qui fédère les fabricants d’outre-Rhin, y joint un nouveau document de position sur la Chine, qu’elle qualifie de « concurrent systémique », tout en se déclarant attachée au commerce ouvert.
Vélos : 70 à 80 millions en Chine, environ 2 millions en Allemagne
Le ZIV indique, données de marché à l’appui, que la Chine produit chaque année 70 à 80 millions de vélos et en est le premier fabricant mondial, quand l’Allemagne en sort environ 2 millions. Le ZIV pèse lourd dans ce second chiffre : il indique que ses adhérents ont fabriqué environ 90 % des vélos et vélos électriques produits en Allemagne en 2025, et qu’ils en exportent 1,4 million par an.
L’association reconnaît aussi une dépendance : les fabricants européens s’approvisionnent largement en Chine, en particulier pour les cadres et les composants. Et la pression monte, écrit-elle, d’abord sur les composants, puis de plus en plus sur les vélos complets.
Moteurs et batteries dans le viseur
Le ZIV attribue cette pression à la politique industrielle chinoise : financements avantageux, avantages fiscaux et subventions. Il s’appuie sur la Commission européenne, qui a constaté que des composants clés comme les moteurs et les batteries sont en partie fournis à des prix non conformes au marché. Il cite enfin l’objectif du 14e plan quinquennal de la China Bicycle Association, proche de l’État : faire de l’industrie chinoise, d’ici 2035, « la puissance dominante sur le marché international ».
Pour l’association, les droits antidumping et compensateurs déjà appliqués par l’Union européenne jouent un rôle important, mais atteignent leurs limites face à des chaînes d’approvisionnement complexes, et sont en partie contournés. Elle demande donc d’étudier l’extension des mesures antidumping au niveau des composants, de faire évoluer les règles techniques et de bâtir des coalitions à l’échelle européenne. Un marquage d’origine ou une démarche « Made in Europe » pourraient aussi, avance-t-elle, mettre en valeur la qualité et l’avantage climatique.
Son directeur général le résume ainsi, dans le communiqué :
« Il est temps d’abandonner la naïveté. Une concurrence loyale ne va pas de soi : elle doit être activement organisée et préservée. »
Burkhard Stork, directeur général du ZIV
L’argument climatique
Le communiqué ajoute une dimension écologique : le ZIV chiffre l’empreinte carbone de la production de vélos et de vélos électriques en Chine à 52 à 66 % de plus que celle de la production européenne. Le communiqué du 7 octobre affirme que l’industrie européenne produit ainsi « la variante plus respectueuse du climat », sans en avoir tiré jusqu’ici d’avantage économique.



