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Toronto : l’Ontario commence à retirer des pistes cyclables, trois manifestants arrêtés

Le gouvernement de l'Ontario a commencé à retirer la piste cyclable de Bloor Street West à Toronto, malgré des cyclistes qui tentent de bloquer les travaux.

Toronto : l’Ontario commence à retirer des pistes cyclables, trois manifestants arrêtés
Photo d’illustration : une piste cyclable protégée à Toronto. Nate Wessel / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

EN BREF

Le gouvernement de l’Ontario a commencé le 13 octobre 2026 à retirer les pistes cyclables protégées de Toronto, par un tronçon d’environ 1 km de Bloor Street West, à Etobicoke. Le plan vise jusqu’à 19 km de pistes sur Bloor, Yonge et University. Des cyclistes tentent de bloquer le chantier, et la police avait annoncé trois arrestations au 15 octobre. En août, la Cour d’appel de l’Ontario a donné raison à la province, et les opposants ont annoncé saisir la Cour suprême du Canada. La maire Olivia Chow dénonce « un gigantesque gaspillage d’argent ».


Les camions chargés de plots sont arrivés le mardi 13 octobre sur Bloor Street West. Ce soir-là, la manifestation s’est terminée dans le calme : la police a escorté les équipes hors de la rue, et les manifestants ont lancé aux ouvriers « rentrez bien ». Le lendemain, la confrontation s’est durcie.


Pistes cyclables de Toronto : le retrait commence à Etobicoke

Le chantier commence par un tronçon d’environ un kilomètre, sur Bloor Street West entre Islington Avenue et Royal York Road, à Etobicoke, sur les terres de Doug Ford, chef du gouvernement ontarien. Un avis publié sur le site de la Ville prévoyait ce chantier jusqu’au 17 novembre. La province entend remanier jusqu’à 19 km du réseau de pistes protégées de la ville, sur Bloor, Yonge Street et University Avenue.

Le ministre des Transports, Prabmeet Sarkaria, a prévenu dans une déclaration après la manifestation du mardi : « ne vous y trompez pas : ces pistes cyclables vont disparaître ».

Trois arrestations

Le mercredi 14 octobre, des manifestants qui tentaient pour la deuxième journée de bloquer les travaux se sont heurtés à la police. Une femme de 25 ans, venue de Hamilton, a été arrêtée et inculpée de méfait et d’entrave à un agent de la paix. Quelques heures plus tard, peu avant 20 h, un homme de 20 ans a été arrêté : la police indique qu’il aurait retiré des panneaux municipaux avant d’être interpellé, et l’a inculpé de méfait, d’entrave à l’usage légitime d’un bien et de vol de moins de 5 000 dollars. La police a annoncé le 15 octobre une troisième arrestation, celle d’une femme interpellée près du croisement de Bloor Street West et de Lothian Avenue, pour méfait et entrave au travail de la police.

Michael Longfield, directeur exécutif de l’association Cycle Toronto, s’attendait avant la manifestation du mercredi à ce que la mobilisation continue « jusqu’à nouvel ordre ». Il ajoutait :

« Il ne s’agit pas de résoudre la congestion, et, c’est très décevant, au lieu de chercher des solutions gagnant-gagnant, ils s’enferrent par pure rancune. »

Michael Longfield, directeur exécutif de Cycle Toronto

Une bataille de chiffres et de tribunaux

La Ville estime à 48 millions de dollars le coût du retrait de toutes les pistes visées sur Bloor, Yonge et University, un chiffre que la province conteste sans avoir fourni le sien au 14 octobre. Doug Ford avait qualifié cette estimation de « grosse foutaise », promettant de « montrer comment le faire pour beaucoup moins cher et faire avancer la circulation ». « C’est un gigantesque gaspillage d’argent, et cela piétine la démocratie locale », réplique la maire, Olivia Chow.

Le cadre légal est la loi 212, Reducing Gridlock, Saving You Time Act, adoptée en troisième lecture par 66 voix contre 27 en novembre 2024. Elle visait le retrait de pistes sur des tronçons de Bloor, Yonge et University ; le cabinet Torys indique que la disposition en cause a depuis été abrogée et remplacée, pour demander au ministre des Transports de « reconfigurer » ces pistes plutôt que de les « retirer ». Un juge de première instance avait déclaré la loi inconstitutionnelle, parce qu’elle portait atteinte au droit à la vie et à la sécurité de la personne garanti par l’article 7 de la Charte, et bloqué le plan ; il avait aussi estimé que le gouvernement avait maintenu ce plan alors que ses propres conseillers jugeaient qu’il ne réduirait pas la congestion, mais la Cour d’appel de l’Ontario a infirmé cette décision en août. Le cabinet d’avocats Torys résume l’arrêt : la Charte ne garantit aucun droit aux pistes cyclables, leur existence relève d’un choix du législateur. Le 13 octobre, les groupes qui soutiennent les cyclistes ont annoncé qu’ils demanderaient à la Cour suprême du Canada de se saisir du dossier.

Le sujet est aussi devenu clivant à l’approche de l’élection municipale du 26 octobre.

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