Livreurs à vélo : une réalité précaire sous le signe des plateformes

Moins 22 % en quatre ans

Depuis 2021, les revenus des livreurs à vélo ne cessent de diminuer. Selon l’Arpe, le revenu horaire des livreurs chez Uber Eats et Deliveroo a décroché de 15 % à 22,4 % en moyenne. Cette baisse significative reflète les contraintes du modèle économique des plateformes.

Les temps d’attente, rarement inclus dans les calculs de rémunération, creusent davantage l’écart. Uber Eats, par exemple, est passé de 27,7 euros par heure en course en 2021 à 20,5 euros en 2024, illustrant bien le phénomène.

Quatre associations, un dossier au parquet

Pour la première fois, Deliveroo et Uber Eats font face à une plainte pour traite d’êtres humains déposée par plusieurs associations de livreurs. Un modèle qualifié d’exploitant pour une main-d’œuvre extrêmement précaire est au centre de cette offensive judiciaire.

Ces associations dénoncent la précarité amplifiée par le recours systématique à une main-d’œuvre issue de l’immigration, souvent sans titre de séjour, et exposée à des conditions de travail difficiles.

Ce que la directive 2024/2831 va changer

Publiée en 2024, la directive européenne 2024/2831 entend encadrer le travail sur plateforme avec des règles concernant la transparence et la gestion algorithmique. Cependant, elle ne sera effective qu’à partir de décembre 2026, laissant une marge d’incertitude sur ses effets concrets.

Un cadre plus défini pourrait redonner une certaine stabilité aux livreurs, mais sa transposition à l’échelle nationale reste une étape cruciale encore à franchir.

Une santé en péril, un avenir incertain

L’enquête SANTÉ-COURSE révèle que 58,69 % des livreurs à vélo ont été victimes d’un accident. Ce chiffre monte à 69,11 % à Paris, témoin des risques quotidiens auxquels ils font face. Douleurs chroniques et détresse psychologique complètent un tableau déjà sombre.

Ces défis illustrent les failles d’un système qui, tout en arborant la flexibilité, expose les livreurs à des situations où la santé et la sécurité passent souvent au second plan.