La sécurité des cyclistes en Europe : un progrès au ralenti


EN BREF

En Europe, le nombre de cyclistes tués sur les routes a seulement diminué de 8 % en dix ans, contre une réduction quatre fois plus rapide pour les automobilistes. Le rapport du European Transport Safety Council (ETSC) alerte sur l’urgence d’améliorer la sécurité. Les collisions avec des véhicules motorisés restent la principale cause des décès de cyclistes. L’ETSC recommande des infrastructures séparées et la généralisation des zones 30 pour protéger les cyclistes.

Des chiffres alarmants pour la sécurité des cyclistes

En dix ans, le nombre de cyclistes tués sur les routes de l’Union européenne n’a baissé que de 8 %. Comparativement, les décès d’automobilistes ont reculé quatre fois plus vite. Selon le rapport de l’European Transport Safety Council (ETSC), 1 926 cyclistes ont perdu la vie en 2024 dans l’UE. Pour atteindre l’objectif de réduire de moitié les morts sur la route d’ici 2030, une baisse annuelle de 6,5 % serait nécessaire, bien loin des 0,5 % actuels.

Les cyclistes représentent maintenant 10 % de l’ensemble des tués sur les routes européennes et ce chiffre pourrait continuer à croître sans action rapide. L’European Transport Safety Council appelle à une mobilisation urgente pour renverser cette tendance.

L’inégalité face aux politiques de sécurité routière

Les politiques de sécurité routière en Europe ont majoritairement bénéficié aux automobilistes, laissant de côté les cyclistes. Pendant que les décès parmi les usagers motorisés diminuaient, les blessés graves parmi les cyclistes ont augmenté de 12 % en dix ans. Ce chiffre est probablement sous-évalué, car dans certains pays, moins de 10 % des accidents impliquant des cyclistes sont officiellement recensés.

65 % des décès de cyclistes résultent de collisions avec des véhicules motorisés, les voitures particulières étant impliquées dans 44 % des cas. Abaisser la vitesse des véhicules est une mesure plébiscitée par l’ETSC pour améliorer la sécurité.

Infrastructures et législations en question

Les infrastructures cyclables séparées pourraient réduire les risques. Des pistes protégées et des carrefours sécurisés limiteraient les collisions. Pourtant, le rapport pointe le manque d’investissement dans ces aménagements. En France, un projet de modification législative inquiète : il pourrait réduire l’obligation pour les villes de sécuriser les nouvelles routes en agglomération pour les cyclistes.

Enfin, le profil des victimes évolue, avec une hausse des accidents chez les cyclistes de plus de 80 ans, souvent utilisateurs de vélos à assistance électrique. De plus, les comportements plus téméraires des hommes, qui représentent 80 % des cyclistes tués, sont également signalés.