
EN BREF
SGS, géant de l’inspection et de la certification, propose des tests PFAS gratuits aux exposants de l’Eurobike 2026. Le principe : déposer un échantillon de produit — vêtement, composant — le premier jour du salon, sur son stand (hall 12, E51), pour une analyse en laboratoire des principaux PFAS. L’offre est limitée à 150 échantillons, un par entreprise, premier arrivé premier servi. Derrière l’opération, un objectif : aider les marques à anticiper une réglementation européenne qui se durcit autour de ces « polluants éternels », déjà interdits dans les vêtements neufs en France depuis janvier 2026.
Apporter un maillot, une veste de pluie ou un composant sur un stand de salon, et repartir avec un premier verdict sur sa teneur en PFAS : c’est ce que propose SGS à l’Eurobike 2026. Le spécialiste mondial de la certification installe un laboratoire éphémère sur le salon allemand et offre d’analyser gratuitement jusqu’à 150 échantillons de produits vélo.
Pourquoi les PFAS s’invitent dans le matériel vélo
Les PFAS — substances per- et polyfluoroalkylées — forment une famille de plusieurs milliers de composés de synthèse. Leur point commun : une liaison carbone-fluor parmi les plus solides de la chimie, qui les rend quasi indestructibles. D’où leur surnom de « polluants éternels » : une fois dans l’eau, les sols ou l’organisme, ils s’y accumulent et n’en repartent quasiment plus. On les soupçonne d’effets sur la santé, et leur présence durable dans l’environnement inquiète de plus en plus les autorités.
Dans le vélo, on les croise surtout là où l’on cherche à repousser l’eau. Les traitements déperlants des vestes de pluie, les membranes imperméables, les surchaussures, certains gants : c’est la chimie du fluor qui fait perler les gouttes à la surface du tissu. Des usages discrets, mais directement visés par les nouvelles règles.

Une réglementation qui se resserre, à commencer par la France
La France a pris les devants. Depuis le 1er janvier 2026, en application de la loi du 27 février 2025, il y est interdit de fabriquer, d’importer et de vendre des vêtements, des chaussures et leurs imperméabilisants contenant des PFAS. Seuls échappent à la règle les équipements de protection, comme les tenues de pompiers ou de militaires. Un maillot ou une veste de vélo traités au fluor, eux, ne peuvent plus être commercialisés neufs. Les stocks fabriqués avant 2026 bénéficient d’un sursis jusqu’au 1er janvier 2027, et l’interdiction s’étendra à l’ensemble des textiles en 2030.
À l’échelle européenne, le dossier avance aussi. Cinq pays ont déposé un projet de restriction quasi générale des PFAS dans le cadre du règlement REACH. En mars 2026, le comité d’évaluation des risques de l’Agence européenne des produits chimiques s’est prononcé en faveur d’une interdiction large. Si la Commission suit, les premières restrictions à l’échelle de l’Union pourraient s’appliquer vers la fin de la décennie. Pour les fabricants, mieux vaut prendre de l’avance.
Un test gratuit, et une vitrine pour le laboratoire
Sur le stand de SGS (hall 12, E51), les visiteurs pourront déposer leurs échantillons le mercredi, jour d’ouverture. Direction le laboratoire chimique du groupe à Taunusstein, en Allemagne, où les analyses mesureront le fluor total et les principaux PFAS — de quoi donner une première indication sur la sécurité chimique du produit. Les 75 premiers échantillons déposés recevront leur rapport dès le vendredi ; les 75 suivants, peu après le salon.
L’offre est gratuite, mais SGS invite les participants à un don volontaire à World Bicycle Relief, une organisation qui distribue des vélos pour faciliter l’accès à l’école, aux soins et à l’emploi. Reste que l’opération sert aussi les intérêts du laboratoire : SGS profite du salon pour présenter toute sa gamme de services au secteur du vélo et de la mobilité électrique, des tests structurels et mécaniques jusqu’à la conformité chimique et la cybersécurité. Le dépistage PFAS gratuit est une porte d’entrée autant qu’un service rendu.
Pour les marques, le message est clair : la question des « polluants éternels » dans les équipements vélo n’a plus rien d’optionnel. En France, l’interdiction est déjà là ; à l’échelle européenne, elle se profile. Savoir ce que contiennent vraiment un textile ou un composant devient un préalable — autant le découvrir avant que la loi ne s’en charge.