EN BREF
Le constructeur estonien Ampler, premier à avoir commercialisé un vélo électrique rechargeable en USB-C, a déposé le bilan. En cause : non pas ses ventes, mais un bail immobilier signé à Berlin en 2021, impossible à dénouer sans payer 1,2 million d’euros. Sa filiale allemande est en insolvabilité, la suisse devrait suivre, et jusqu’à 50 emplois sont menacés. La marque avait pourtant assaini près de 10 millions d’euros de dettes avant que son actionnaire majoritaire ne se retire.
Une chute venue de l’immobilier, pas de l’atelier
Ampler n’est pas un constructeur comme les autres. Fondée en Estonie, la marque s’est fait un nom avec des vélos électriques épurés, à batterie intégrée dans le cadre. En 2025, elle frappe un grand coup en lançant deux modèles rechargeables avec un simple câble USB-C, une première sur le marché. En mars 2026 encore, son Curt millésime 2026 laissait une bonne impression aux essayeurs du salon CyclingWorld.
Rien, du côté des produits, ne laissait présager un dépôt de bilan. L’origine de la chute est ailleurs : dans un contrat de location. En 2021, Ampler signe un bail de dix ans pour ses bureaux berlinois. L’engagement se révèle vite trop lourd, et l’entreprise ne parvient jamais à s’en défaire.

Un bail berlinois à 1,2 million d’euros
Pendant dix-huit mois, Ampler tente de renégocier le contrat ou de libérer les locaux. En vain. Le propriétaire finit par réclamer 1,2 million d’euros pour une sortie anticipée, et les discussions échouent. Privée d’issue, la marque voit son actionnaire majoritaire, Urban Mobility, se retirer, coupant net les financements à venir.
La garantie du bail de Berlin est devenue une impasse financière au moment même où nous étions prêts à entamer un nouveau chapitre.
Kristjan Maruste, membre du conseil d’administration d’Ampler
Le paradoxe est cruel : sur le plan financier, l’entreprise avait largement redressé la barre. Près de 10 millions d’euros de dettes ont été apurés ou rééchelonnés, au point qu’il n’en restait, selon la direction, que 300 000 euros. La restructuration n’a pas échoué ; c’est le poids d’un loyer qui a fini par tout emporter.

Quel avenir pour les propriétaires d’un Ampler ?
La filiale allemande a été placée en insolvabilité, la suisse devrait connaître le même sort, et jusqu’à cinquante personnes pourraient perdre leur emploi. Le tribunal n’a pas encore formellement prononcé la faillite, mais le conseil d’administration juge l’issue inévitable.
Reste la question concrète pour celles et ceux qui roulent déjà en Ampler : qui entretiendra leur vélo ? Bonne nouvelle, ces machines reposent en grande partie sur des composants standards. Un atelier classique peut donc assurer l’entretien courant et la plupart des réparations, même sans réseau officiel.
Plus de 28 000 Ampler ont parcouru au total plus de 244 millions de kilomètres. Si l’entreprise ne peut pas continuer, nos cyclistes, eux, le peuvent.
Kristjan Maruste, membre du conseil d’administration d’Ampler